Lorde, la pop de retour à l’anormal

Libération.fr

Quatre ans après son premier succès, la jeune chanteuse néo-zélandaise sort «Melodrama», un album étonnamment incarné qui réveille la variété internationale.

Le premier atout de Lorde, le muscle magique dont l’histoire médiatique récente raconte qu’il a permis à la Néo-Zélandaise de passer en une chanson de phénomène très excentré à superstar mondialisée, c’est sa voix. Fait rare en ce début de millénaire, elle est effectivement une matière musicale fluide et alambiquée, qui échappe largement à la normalisation où se trouve emmurées la plupart des chanteuses à voix de la pop contemporaine (de Katy Perry à Selena Gomez) dans des identités vocales toujours plus anodines et éthérées. Ample comme celle d’Adele, théâtrale comme celle de Regina Spektor et épaisse comme celle d’Etta James, la voix de Lorde (de son vrai nom Ella Yelich-O’Connor), résiste aussi à l’évaluation par l’énumération des idoles imitées (Kate Bush en premier) et rappelle à notre bon souvenir qu’en dépit des algorithmes qui permettent désormais de prédire avec 60 % de fiabilité le succès d’une chanson conçue à cet effet, l’indescriptible a encore son rôle à jouer dans la pop, d’autant plus quand il s’incruste dans une mécanique bien huilée.

Et des mécaniques éprouvées, il n’y a que ça dans Melodrama, deuxième album coproduit et composé par Yelich-O’Connor avec le hit-maker Jack Antonoff quatre ans après le carton Pure Heroine. De ses accroches pleines d’onomatopées («Blowing shit up with homemade d-d-d-dynamite») à ce syncrétisme électronique et impérieux, nébuleusement référencé à la première moitié des années 80 qui est devenu la plastique obligée de la pop en 2017, une grande partie de l’album donne l’impression qu’il pourrait être chanté par n’importe quelle tête de gondole de l’époque. N’en déplaise à Max Martin - gourou des charts qui reprochait récemment à Green Light, la chanson qui ouvre le disque, de trop s’éloigner de son fameux «melodic math».

Comment expliquer alors que, mis en regard de (...)

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