La justice russe confirme la détention de l'opposant Alexeï Navalny

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L'opposant Alexeï Navalny reste en prison. La justice russe a confirmé, samedi, en appel, sa condamnation pour violation d'un contrôle judiciaire. Le principal critique du président Vladimir Poutine doit comparaître dans l'après-midi devant un autre juge dans un procès pour "diffamation". Il risque notamment une peine de trois ans en camp de travail forcé.

La justice russe a confirmé en appel, samedi 20 février, la condamnation à de la prison ferme du principal critique du Kremlin, Alexeï Navalny, pour violation d'un contrôle judiciaire.

Selon une journaliste de l'AFP présente à l'audience, le juge d'un tribunal de Moscou, Dmitri Balachov, a toutefois légèrement réduit d'un mois et demi la condamnation du militant anti-corruption, qui devra finalement purger une peine de deux ans et demi de prison.

Cette audience a eu lieu alors que la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a demandé cette semaine la libération du militant anti-corruption de 44 ans, arguant d'un risque pour la vie de cet opposant qui a survécu in extremis à un empoisonnement l'année dernière.

Cette décision a été immédiatement rejetée par Moscou, qui avait déjà balayé les appels en ce sens de l'Union européenne, malgré la menace de nouvelles sanctions.

Revenu en Russie en janvier d'une convalescence après l'empoisonnement dont il accuse le Kremlin, Alexeï Navalny avait été arrêté dès son arrivée à l'aéroport et a écopé le 2 février de deux ans et huit mois d'emprisonnement.

Le tribunal a converti une peine de prison avec sursis pour fraude datant de 2014 en sentence ferme pour violation de son contrôle judiciaire. C'est l'appel de ce jugement qui a été examiné samedi matin.

Par ailleurs, samedi après-midi, Alexeï Navalny comparaîtra devant une autre juge dans un procès pour "diffamation" d'un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale.

Le parquet a requis dans ce dossier 950 000 roubles d'amende (10 600 euros environ) et réclamé lui aussi que le sursis de l'opposant soit converti en prison ferme.

Héritage de l'Union soviétique, la plupart des peines d'emprisonnement en Russie sont effectuées dans des camps pénitentiaires situés parfois loin de tout. Le travail des détenus, habituellement dans des ateliers de couture ou de fabrication de meubles, y est obligatoire.

Les conditions de détention y sont aussi régulièrement dénoncées par les défenseurs des droits humains.

Multiples procédures

Alexeï Navalny, dont l'incarcération en janvier avait conduit à trois journées de manifestations réprimées par la police, dénonce des procédures judiciaires montées de toutes pièces et a passé les audiences précédentes à défier la cour.

Selon lui, le Kremlin veut le jeter en prison pour le faire taire, après avoir échoué à le tuer en l'empoisonnant l'été dernier. Moscou rejette ces accusations.

"Ils ont enfilé leurs robes, pris leurs marteaux, ont mis Navalny dans une cage en verre et font semblant de rendre justice", relevait sur YouTube, jeudi, l'un des plus proches collaborateurs de l'opposant, Ivan Jdanov.

D'autres affaires sont en cours. La justice russe est notamment saisie d'une plainte en diffamation déposée contre Alexeï Navalny par le sulfureux homme d'affaires Evguéni Prigojine, réputé proche du président Vladimir Poutine.

Une enquête pour escroquerie le vise aussi, un dossier en cours d'instruction dans lequel la peine maximale encourue est de 10 ans de prison.

L'Union européenne et les tats-Unis ont multiplié les appels à libérer Alexeï Navalny, tandis que les collaborateurs de l'opposant ont exhorté les Occidentaux à sanctionner de hauts responsables russes et proches de Vladimir Poutine.

Moscou y voit une "ingérence" dans ses affaires et a menacé les Européens de représailles.

Alexeï Navalny et ses partisans comptent organiser de nouvelles manifestations contre le pouvoir au printemps et à l'été, à l'approche d'élections législatives.

Avec AFP

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