L'opérateur nucléaire ukrainien favorable à l'envoi de casques bleus à Zaporijia

Vue de la centrale de Zaporijia.  - AFP PHOTO / Satellite image ©2022 Maxar Technologies
Vue de la centrale de Zaporijia. - AFP PHOTO / Satellite image ©2022 Maxar Technologies

L'Ukraine est favorable à l'envoi de casques bleus de l'ONU à sa centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d'Europe et occupée par les troupes russes, a déclaré mercredi le chef de l'opérateur public Energoatom.

"Déployer le contingent du maintien de la paix et sortir les militaires russes peut être un des moyens pour créer la zone de sécurité à la centrale nucléaire de Zaporijia", a déclaré à la télévision Petro Kotine cité par l'agence Interfax-Ukraine, au lendemain de l'appel par l'Agence internationale de l'énergie atomique à la création d'une "zone de sécurité" autour du site pour empêcher un accident nucléaire à la centrale où la situation est "intenable" en raison des bombardements. "L'envoi du contingent du maintien de la paix dans l'enceinte de la centrale, à Energodar (ville dans laquelle elle se trouve) et dans des territoires proches nécessite des efforts diplomatiques de la part de l'ONU", a ajouté Petro Kotine.

La crainte d'un "scénario type Fukushima"

Les troupes russes ont pris le contrôle de la centrale début mars. Son site subit des bombardements dont Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité. Si les réacteurs n'ont pas été touchés, il existe un risque élevé d'un accident grave, a déclaré Karine Herviou, directrice Générale de l'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire. "Le principal risque c'est la perte de l'alimentation électrique des réacteurs" qui pourrait entraîner à l'arrêt de leur refroidissement et suivi d'"une fusion du coeur de réacteur", a prévenu Karine Herviou.

Dans ce cas, "on se retrouve sur un scénario plutôt type Fukushima" qui "peut mettre en danger l'intégrité du bâtiment du réacteur et conduire à des rejets très importants dans l'environnement", a-t-elle expliqué. Une frappe contre un bâtiment où "des assemblages de combustibles usés, très radioactifs" sont stockés constitue également un risque grave pouvant "conduire à des rejets radioactifs dans l'environnement", selon l'experte.

La semaine dernière, une équipe de 14 membres de l'AIEA s'était rendue sur à la centrale. Rafael Grossi, chef de l'agence des Nations unies, avait déclaré que le site avait été endommagé lors des combats.

Article original publié sur BFMTV.com