L'Onu demande aux pays du Golfe de faire plus pour les réfugiés

par Ahmed Hagagy

par Ahmed Hagagy

KOWEÏT (Reuters) - Une haute responsable de l'Onu a appelé dimanche les pays arabes du Golfe à faire un effort accru dans l'aide aux civils syriens déplacés par six années de guerre dans leur pays, rappelant que ce conflit était loin d'être terminé.

Kelly T. Clements, adjointe du Haut Commissaire pour les réfugiés (HCR), a signé lors d'une visite au Koweït un accord d'aide de dix millions de dollars en faveur des réfugiés syriens vivant en Irak.

Elle a rappelé à cette occasion que la guerre en Syrie avait fait plus de cinq millions de réfugiés.

"Au HCR, nous ne marquons pas ces événements. En fait, nous essayons de ne pas attirer l'attention sur eux parce que ce n'est pas une bonne histoire", a-t-elle dit dans un entretien accordé à Reuters.

"Cela signifie fondamentalement que nous n'avons pas trouvé la solution politique qui permet aux gens de retourner chez eux d'une manière sure, digne et volontaire", a-t-elle poursuivi.

Les civils syriens fuyant leur pays ont principalement trouvé refuge dans les Etats voisins, le Liban, la Jordanie, la Turquie et l'Irak.

Outre les réfugiés, ce conflit qui a débuté en 2011 a provoqué le déplacement de 13,5 millions de personnes à l'intérieur de la Syrie, certaines ayant dû changer de lieu de résidence deux, trois voire quatre fois.

"Ils ne sont pas en mesure de faire vivre leurs familles. Ils sont sous la menace de tirs de mortier. Ils ne sont pas en mesure d'envoyer leurs enfants à l'école. Selon les statistiques dont nous disposons, un million et demi d'enfants en Syrie ne sont plus scolarisés", a-t-elle dit.

Kelly Clements a précisé que le Koweït avait fourni au HCR quelque 360 millions de dollars entre 2013 et 2015, étant le sixième plus important donateur de l'organisation humanitaire.

Elle a déploré que les autres Etats membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), organisation réunissant six pétromonarchies de la région, n'aient pas suivi cet exemple.

Le soutien fourni par des pays comme la Russie et la Chine est encore plus faible que celui des pays du Golfe mais la situation va en s'améliorant, a-t-elle précisé.

Interrogée sur les chances d'endiguer ces flux migratoires forcés, la dirigeante onusienne a répondu : "je dois admettre que la perspective n'est pas bonne".

(Pierre Sérisier pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages