L'Onu lève 1,1 milliard de dollars pour le Yémen

par Stephanie Nebehay
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L'ONU LÈVE 1,1 MILLIARD DE DOLLARS POUR LE YÉMEN

Les pays donateurs se sont engagés à donner 1,1 milliard de dollars (1 milliard d'euros) en aide humanitaire pour lutter contre la famine au Yémen, a annoncé mardi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres (photo), à l'issue d'une conférence d'une journée. /photo prise le 25 avril 2017/REUTERS/Denis Balibouse

par Stephanie Nebehay

GENEVE (Reuters) - Les pays donateurs se sont engagés à accorder cette année 1,1 milliard de dollars (1 milliard d'euros) d'aide humanitaire au Yémen, pays en guerre et en proie à la famine, a annoncé mardi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à l'issue d'une conférence d'une journée.

L'ancien patron du HCR (Haut Commissariat pour les réfugiés de l'Onu) s'est félicité d'un "succès remarquable".

Les Nations unies avaient annoncé avoir besoin de 2,1 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) pour 2017. Au Yémen, un enfant meurt toutes les dix minutes de faim ou de maladie, selon l'Onu.

"Le Yémen, actuellement, traverse une tragédie aux proportions gigantesques", avait dit Antonio Guterres en ouverture de la conférence, en réitérant son appel en faveur de négociations de paix pour mettre fin au conflit dans ce pays.

Près de 19 millions d'habitants, soit les deux tiers de la population, ont besoin d'une aide d'urgence, avait-t-il précisé en ajoutant: "Nous voyons une génération entière mourir de faim. Nous devons intervenir pour sauver des vies."

David Beasley, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial de l'Onu, a lancé un appel à la coalition sous commandement saoudien pour qu'elle s'abstienne d'attaquer le port de Hodeïdah, tenu par les rebelles houthistes, qui constitue un point de ravitaillement capital pour le pays.

MOSCOU MET EN GARDE

Des responsables yéménites ont annoncé récemment que les forces gouvernementales et leurs alliées avaient positionné deux brigades pour une éventuelle attaque contre Hodeïdah, l'une à 230 km au nord du port, l'autre à 130 km au sud.

Mais le Premier ministre, Ahmed Obeid Bin Daghr, dont le gouvernement est basé à Aden et ne contrôle que partiellement le pays, a déclaré qu'il laisserait passer l'aide humanitaire et qu'il était "prêt à ouvrir de nouveaux couloirs pour cette aide".

Près de 80% des produits alimentaires importés au Yémen transitent par Hodeïdah. Cinq grues du port ont été détruites dans les combats, contraignant des dizaines de navires à patienter au large avant de pouvoir mouiller.

Jamie McGoldrick, coordinateur humanitaire de l'Onu au Yémen, a déclaré que des grues mobiles avaient été acheminées jusqu'à Hodeïdah, mais qu'elles n'avaient qu'une faible capacité de déchargement.

"Nous continuons à défendre Hodeïdah comme la seule option sensée car c'est cher partout ailleurs", a-t-il cependant ajouté.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, présent à la conférence, a prévenu que Moscou n'accepterait pas un blocus de la ville portuaire.

"Il y a des rumeurs inquiétantes d'attaque contre Hodeïdah puis d'une offensive sur Sanaa (la capitale tenue par les rebelles, NDLR); ce n'est pas quelque chose que nous permettrons", a-t-il dit.

(Eric Faye, Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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