Longtemps mal vue, l’industrie allemande de l’armement est “en plein boom”

Photo Christian Charisius / REUTERS

Il faut remettre en état la Bundeswehr. Au grand ravissement des fabricants d’armes, le gouvernement du social-démocrate Olaf Scholz ne cesse d’insister sur les besoins de l’armée allemande, marquée selon lui par des sous-investissements chroniques. Après le début de la guerre en Ukraine, Berlin s’est donc engagé à dédier à l’avenir, l’équivalent de 2 % du PIB allemand à la Défense, et une enveloppe spéciale de 100 milliards d’euros a été promise. Or, ces mesures semblent profiter grandement aux industriels d’outre-Rhin.

“La réputation de l’industrie allemande de l’armement a rarement été aussi bonne, analyse la correspondante à Berlin du journal suisse Le Temps. Depuis l’invasion de l’Ukraine et l’annonce par le gouvernement d’Olaf Scholz d’un ‘changement d’époque’ et d’investissements record pour mettre à niveau la Bundeswehr, ce secteur longtemps mal vu au sein de la population est en plein boom.”

Le groupe Rheinmetall, notamment, prévoit de doubler son chiffre d’affaires lié aux commandes de l’armée fédérale allemande, pour arriver à un total de 4 milliards d’euros par an pour la décennie à venir. L’entreprise de Düsseldorf, dont le cours en bourse a augmenté de 150 % depuis le début de la guerre, envisage de créer jusqu’à 3 000 nouveaux postes. Et elle n’est pas la seule à se trouver dans une situation favorable : “L’ensemble de l’industrie allemande de l’armement profite de cette très forte demande [et des investissements publics] ”.

Avions américains, drones israéliens

Avec près de 130 000 salariés estimés, le secteur n’a jamais été mal en point, nuance le titre genevois. “Malgré une politique d’export assez restrictive, l’Allemagne bat chaque année des records en matière de ventes d’armes et se plaçait, en 2020, au quatrième rang mondial.” Mais cette industrie avait longtemps été “négligée par les pouvoirs publics”.

Elle peut désormais compter sur de vastes plans d’investissements fédéraux, mais pas seulement : ses clients étrangers sont soucieux de moderniser leur arsenal dans un contexte géopolitique tendu. “Le Royaume-Uni, par exemple, a passé commande de 100 véhicules blindés à roues de type Boxer.”

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