Londres et Washington reprennent les négociations commerciales, mais Biden hausse le ton

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Les négociations pour un accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis reprennent, dans le but de renforcer les échanges entre les deux pays. L’enjeu est important pour le gouvernement britannique, qui souhaite prouver les bienfaits du Brexit. Mais cet accord n’est pas si évident à concrétiser, car Washington reste insatisfait de deux points, dont la question irlandaise.

De notre correspondante à Londres,

Le président américain Joe Biden a exclu tout accord de libre échange rapide avec le Royaume-Uni. Car deux points ne sont pas encore résolus et empêchent une finalisation du côté américain.

Le premier concerne les accords du Vendredi Saint, un élément clé des négociations post-Brexit. Le texte de ces négociations garantit la paix sur le territoire nord-irlandais tout en restant dans le marché unique de l'Union européenne (UE) pour les marchandises. Mais les unionistes irlandais, proches de Londres, s’y opposent.

L’année dernière des tensions ont éclaté et depuis, le Premier ministre Boris Johnson se dit prêt à déchirer le protocole : il s’apprête à hausser le ton, une nouvelle fois, avec l’UE. Mais Joe Biden a toujours prévenu : rien ne sera signé avec le Royaume-Uni tant que cet accord est en danger.

Le deuxième point de discorde. Le manque d'engagement du gouvernement britannique sur le droit des travailleurs. Un point indispensable pour le président américain. Selon les principaux syndicats des deux pays concernés, le Royaume-Uni n’a pas saisi son importance et a été trop rapide pour signer des accords avec des pays qui ne respectent pas le droit des travailleurs. Exemple : la Turquie, qui se rend coupable d’arrestations massives de syndicalistes et laisse régner un climat de peur.

En attendant un accord bilatéral, Londres s’apprête à signer huit « mini-accords » avec des États américains individuellement

Pour accélérer le processus, le Royaume-Uni veut signer des accords individuels avec certains États américains, dont un avec le Texas par exemple. Cela donnerait aux entreprises britanniques accès à 20% de l’économie américaine, a déclaré Londres. La ministre du Commerce assure continuer les discussions avec 20 États américains en tout, un nombre qui va augmenter, ajoute-t-elle.

Le but est de supprimer les obstacles au commerce et réduire les coûts pour faciliter les échanges. Mais certains points importants, comme l’allègement des droits de douanes, ne pourront être négociés que par Joe Biden, au niveau national donc.

Accords déjà signés avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande

Si avec Washington, la signature se complique, d’autres accords ont déjà vu le jour et c’est une réussite pour le gouvernement. Le premier accord commercial post-Brexit du Royaume-Uni s’est fait avec l’Australie et supprime six milliards d’euros de droits de douane et améliore l'accès aux travailleurs entre les deux pays.

Mais là encore, tout le monde n’est pas satisfait. Pour les agriculteurs britanniques, l'Australie pourrait inonder leur marché de bœuf et d'agneau à prix réduits.

Il y a eu aussi un accord avec la Nouvelle-Zélande un mois après celui conclu avec l’Australie. Selon une ministre écossaise, ces ententes commerciales offrent un accès sans entrave sur le marché britannique avec une trop courte période de transition.

Les deux pays du Pacifique ont un fonctionnement à moindre coût : le prix de production du bœuf néo-zélandais est jusqu'à 30% inférieur au prix écossais. Et au niveau du bien-être animal, les normes britanniques sont bien plus strictes que celles de ses nouveaux partenaires.

Des discussions sont également en cours avec l’Inde. Boris Johnson a fait savoir, après sa visite dans le pays la semaine dernière, qu’un accord entre les deux pays pourrait voir le jour fin octobre.

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