Londres veut empêcher l'importation de marchandises liées au travail forcé des Ouïghours

·2 min de lecture

Face à la « barbarie » de Pékin envers les Ouïghours, le Royaume-Uni a dévoilé ce mardi des mesures pour empêcher les marchandises liées au travail forcé de cette minorité musulmane dans la région du Xinjiang d'arriver jusqu'aux consommateurs britanniques.

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Devant les députés britanniques, le ministre des Affaires étrangères a dénoncé une « barbarie que l'on espérait reléguée au passé mais qui est toujours d’actualité » et qui inclut « la détention arbitraire, la rééducation politique, le travail forcé, la torture et la stérilisation des Ouïghours à une échelle industrielle ».

Invoquant le « devoir moral d’agir » de Londres, Dominic Raab a donc annoncé des amendes pour les entreprises qui ne pourront pas prouver que leurs approvisionnements ne sont pas liés aux camps de travail forcé dans le Xinjiang, cette immense région du nord-ouest de la Chine, important fournisseur de coton dans le monde.

Obligation de transparence pour les entreprises

Cette obligation de transparence sera étendue au secteur public et les entreprises tirant profit du travail forcé seront exclues des marchés publics. Les exportations seront également encadrées pour éviter que des entreprises ne contribuent « directement ou indirectement » aux violations des droits humains dans cette région.

► À lire aussi : Répression des Ouïghours en Chine: que peut la communauté internationale?

Néanmoins, l’opposition travailliste et nombre de députés conservateurs ont critiqué des mesures n’allant pas assez loin. Au-delà de la condamnation symbolique de Pékin, ils ont plaidé pour des sanctions visant directement des responsables chinois dans le Xinjiang.

Pékin demande à Londres de cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures chinoise

Dans la foulée de ces mesures décidées par Londres, l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, a demandé au Royaume-Uni « de cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine » après une intervention britannique sur les Ouïghours lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur la lutte antiterroriste.

Le diplomate chinois a dénoncé une « attaque purement politique » du Royaume-Uni, après une intervention du secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères James Cleverly, critiquant la violation des droits humains au Xinjiang au prétexte de la lutte antiterroriste.