Londres veut élargir les pouvoirs de l'OIAC

La Grande-Bretagne propose de réformer l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) afin de lui permettre d'attribuer la responsabilité de leur usage. /Photo prise le 16 mai 2018/REUTERS/Marko Djurica (Reuters)

LA HAYE (Reuters) - La Grande-Bretagne propose de réformer l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) afin de lui permettre d'attribuer la responsabilité de leur usage.

La tâche de l'OIAC, qui se réunit mardi à La Haye, consiste seulement à déterminer si de telles armes ont été utilisées. Une commission d'enquête a été mise sur pied en 2015 par les Nations Unies pour déterminer les responsabilités des bombardements chimiques commis en Syrie, mais la Russie a opposée son veto en novembre au renouvellement de son mandat.

Le projet britannique, dont Reuters a pu prendre connaissance, placerait l'OIAC en première ligne de la confrontation entre les puissances occidentales et la Russie, à laquelle Londres impute l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripal, le 4 mars à Salisbury. Il est soutenu par 21 Etats dont la France, l'Allemagne et les Etats-Unis.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson devrait le présenter mardi à La Haye et il pourrait être voté le lendemain. Les décisions de l'OIAC se prennent à la majorité des deux tiers.

L'agence a enregistré environ 400 utilisations présumées d'armes chimiques en Syrie depuis 2014. Etats-Unis, France et Grande-Bretagne ont procédé en avril à des frappes de représailles après l'un de ces bombardements dans l'enclave de Douma, près de Damas, au début du mois.

"Nous considérons que le régime de non-prolifération chimique est en danger. Il est en danger parce que nous continuons à voir une banalisation de l'emploi des armes chimiques sur le théâtre d'opération qui est la Syrie", a-t-on déclaré de source diplomatique française.

"L'objectif politique est de remobiliser la communauté internationale pour la condamnation politique de l'emploi, de la fabrication et de l'usage d’armes chimiques ou que ce soit par qui se soit dans quelques conditions que se soit", a-t-on ajouté.

Vendredi, environ 130 des 193 Etats membres de l'OIAC avaient annoncé leur participation à la conférence, qui pourrait durer jusqu'à jeudi.

(Anthony Deutsch avec John Irish à Paris, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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