Londres défend son choix d'employer largement le vaccin d'AstraZeneca

par Alistair Smout et Sarah Young
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LONDRES DÉFEND SON CHOIX D'EMPLOYER LARGEMENT LE VACCIN D'ASTRAZENECA

par Alistair Smout et Sarah Young

LONDRES (Reuters) - Matt Hancock, le ministre britannique de la Santé, a défendu mercredi sa stratégie vaccinale, notamment l'emploi du vaccin d'AstraZeneca pour toutes les classes d'âge, une décision qui contraste avec la prudence d'autres pays européens, Allemagne et France en tête.

Ces deux pays, comme la Belgique, ont décidé de limiter l'emploi du vaccin développé par AstraZeneca en partenariat avec l'université d'Oxford aux personnes âgées de moins de 65 ans.

La Suisse a quant à elle repoussé l'utilisation du vaccin en attendant de plus amples données sur son efficacité.

Selon plusieurs journalistes, le président français, Emmanuel Macron, aurait d'ailleurs déclaré vendredi que ce vaccin semblait "presque inefficace" chez les sujets âgés de plus de 65 ans.

Cette opinion est farouchement combattue tant par le laboratoire anglo-suédois que par Londres.

"Je pense qu'il faut écouter les scientifiques", a répondu Matt Hancock quand on lui a demandé de commenter les propos attribués au chef de l'Etat français.

Selon le ministre, "sur ce point, la science est assez claire" et l'étude publiée mardi le montre: "non seulement, le vaccin d'Oxford fonctionne, mais il fonctionne bien."

Cette étude affirme que le vaccin contre le COVID-19 développé par l'université d'Oxford et AstraZeneca est efficace à 76% pendant trois mois avec une seule injection chez les personnes contaminées présentant des symptômes et que son efficacité s'améliore ensuite une fois la deuxième dose administrée.

Certains observateurs voient dans les réticences de Paris l'illustration du dépit de la France dont aucun laboratoire n'est à ce jour parvenu à développer de vaccin efficace contre le COVID-19, alimentant le débat sur l'état de la recherche dans le pays.

L'Elysée réfute ces accusations, préférant insister sur la nécessité de définir "une stratégie sanitaire de protection" des citoyens et appuyer l'hypothèse selon laquelle le Royaume-Uni se sert du vaccin d'AstraZeneca pour justifier sa sortie de l'Union européenne.

"Par rapport au Royaume-Uni, il faut garder à l'esprit qu'évidemment Boris Johnson, c'est son droit, veut en faire un argument validant le choix britannique de sortir de l'Union européenne."

"Le Royaume-Uni a pris des risques en autorisant extrêmement rapidement AstraZeneca. Nous, nous avons fait le pari de la sécurité sanitaire", ajoute-t-on dans l'entourage du président.

(Avec Sudip Kar-Gupta et Michel Rose à Paris; version française Nicolas Delame, édité par Jean-Stéphane Brosse)