Londres: attaque à l’arme blanche sur le London Bridge, le suspect abattu

Deux personnes ont été tuées ce vendredi 29 novembre lors d'une attaque à l'arme blanche au London Bridge, dans le centre de Londres. Un incident qualifié de « terroriste » par les autorités.

« La police a été appelée à 13h58 [locales et TU] pour une attaque à l'arme blanche près du London Bridge », a annoncé dans un premier temps la police de Londres sur Twitter, évoquant l'arrestation d'un homme.Elle ajoutera plus tard que le suspect a été tué. Cette attaque, considérée par les autorités comme un acte terroriste, a également fait deux morts parmi les passants ainsi que trois blessés.

Selon l'agence de presse Press Association qui cite une source sécuritaire, l'assaillant était connu de la police et était lié à des « groupes terroristes islamistes ». Plusieurs médias britanniques indiquent qu'il portait un bracelet électronique après avoir bénéficié d'une remise de peine à la suite d'une condamnation pour terrorisme.

D'après le quotidien The Times qui cite des sources gouvernementales, l'homme participait ce vendredi à une conférence organisée par l'université de Cambridge sur la réhabilitation des prisonniers dans un bâtiment situé à l'extrêmité de London Bridge où l'attaque a commencé, selon la police.

Faux gilet d'explosifs

Parmi les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, l'une montre un groupe de passants tenter de maîtriser un homme au sol, avant de s'écarter tandis que plusieurs policiers armés interviennent et tirent sur le suspect. La police a expliqué avoir abattu l’homme pensant qu’il tentait de faire exploser une bombe qui s’est avérée être un gilet d'explosifs factice.

« En raison d'informations selon lesquelles le suspect aurait pu avoir un engin explosif, des spécialistes se sont rendus sur les lieux et de larges cordons de sécurité ont été mis en place pour s'assurer qu'il n'y ait plus de danger pour le public, a déclaré Neil Basu. […] Toutefois, nous croyons que le dispositif qui était attaché sur le corps du suspect est un dispositif factice », a expliqué le commissaire adjoint de la police londonienne Neil Basu lors d'une conférence de presse.

Londres sous haute surveillance

Dans la capitale britannique, les patrouilles de police ont été renforcées suite à l’incident de ce vendredi après-midi. « Vous verrez plus d’officiers, y compris des équipes de pompiers, en fonction dans la capitale ce week-end », a prévenu sur Twitter la police des transports londoniens, appelant les habitants à ne pas s'alarmer de cette présence inhabituelle.

Boris Johnson remercie la police

Dans un tweet du 10 Downing Street, le Premier ministre britannique a déclaré se tenir « au courant de l'incident » et remercie « la police et les secours pour leur réponse immédiate ». Suite à cette attaque, Boris Johnson a convoqué ce vendredi soir une réunion du comité de crise du gouvernement.

De son côté, le maire de Londres Sadiq Khan a appelé à ses concitoyens à la vigilance, mais aussi à faire bloc : « Nous allons rester unis et déterminés face au terrorisme. Ceux qui cherchent à nous attaquer et nos diviser ne réussiront jamais. »

Plusieurs dirigeants politiques ont exprimé leur soutien au Royaume-Uni. C'est le cas notamment du Premier ministre canadien Justin Trudeau. « Le Canada est solidaire du Royaume-Uni », a-t-il écrit sur Twitter. Le chef du gouvernement australien Scott Morrisson a quant à lui fait part de sa plus profonde sympathie envers les victimes et leurs familles, ainsi qu'à celles de La Haye où une autre attaque au couteau s'est produite ce vendredi soir, sans que sa nature exacte ne soit encore déterminée.

Plusieurs précédents

Cette attaque est survenue deux ans après un incident terroriste au même endroit. En juin 2017, une camionnette avait foncé dans la foule sur le London Bridge, avant que ses trois occupants ne poignardent des passants dans le Borough Market, un marché très fréquenté. Huit personnes avaient été tuées, et une cinquantaine blessées. Comme ce vendredi, les auteurs portaient de faux gilets explosifs.

C'était l'un des attentats terroristes revendiqués par le groupe Etat islamique cette année-là. En mars, un homme avait foncé dans la foule avec son véhicule sur le pont de Westminster avant de poignarder mortellement un policier devant le Parlement, faisant en tout cinq morts. Deux mois plus tard, 22 personnes avaient péri lors d'une attaque à la fin d'un concert d'Ariana Grande, à Manchester.

Depuis, la menace terroriste semblait avoir un peu reculé : au début du mois de novembre, le niveau d'alerte terroriste au Royaume-Uni avait été abaissé, passant de « grave » à « substantiel », le risque d'un attentat étant désormais considéré comme « probable », et non « hautement probable ».