Londres accusée d'avoir couvert des crimes de guerre en Irak et en Afghanistan

Le gouvernement et l’armée britanniques sont accusés d’avoir couvert des crimes de guerre sur des civils en Afghanistan et en Irak. Une enquête menée conjointement par le Sunday Times et Panorama, l’émission phare d’investigation de la BBC, a recueilli le témoignage d’anciens détectives militaires.

Avec notre correspondante à Londres,  Muriel Delcroix

Parmi les exactions dénoncées, le Sunday Times et Panorama retiennent en particulier la mort d’un policier irakien abattu par un soldat britannique en 2003, des tortures et des violences sur des prisonniers à Bassora la même année, ainsi que les meurtres de trois enfants et d’un jeune homme en Afghanistan en 2012 par un soldat des SAS, les forces spéciales britanniques.

Les deux médias ont interrogé une dizaine d’anciens détectives chargés d’enquêter à l’époque par l’armée sur de possibles violations des droits de l’homme. Leurs témoignages révèlent qu’ils avaient trouvé de nombreuses preuves de crimes de guerre couverts par le commandement militaire, mais qu’ils n’ont jamais pu achever leurs travaux.

Le gouvernement conservateur a en effet brutalement mis un terme à des centaines d’enquêtes en février 2017, quelques mois avant que Theresa May ne déclenche des législatives anticipées en juin.

Un enquêteur évoque la « pression croissante du ministère de la Défense pour clore les dossiers le plus vite possible », tandis qu’un autre affirme que « le ministère n’avait aucune intention de poursuivre le moindre soldat à moins d’y être absolument obligé ».

Le ministère de la Défense a démenti ces accusations. Mais le Sunday Times prévient que ces révélations pourraient entraîner l’ouverture d’une enquête par la Cour pénale internationale (CPI) qui se doit d’intervenir lorsque des pays laissent impunies les violations par leur armée de la Convention de Genève.

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