Ce que l'on sait de l'emprisonnement en Iran du Français Bernard Phelan, dont l'état de santé inquiète

Le Franco-irlandais Bernard Phelan, arrêté en Iran le 3 octobre 2022. - Mise à disposition par la famille/AFP
Le Franco-irlandais Bernard Phelan, arrêté en Iran le 3 octobre 2022. - Mise à disposition par la famille/AFP

Sa survie est "une question de jours", dit sa famille. Le Franco-irlandais Bernard Phelan, 64 ans, a été arrêté le 3 octobre en Iran et est depuis emprisonné dans des conditions sanitaire très précaires à Machhad, la deuxième ville du pays. Son arrestation et son emprisonnement ont été confirmés par le ministère français des Affaires étrangères mardi après une première confirmation de la diplomatie irlandaise la semaine dernière.

Le Quai d'Orsay s'est dit "extrêmement inquiet" de l'état de santé du détenu, qui a commencé une grève de la soif lundi. La sœur du détenu, Caroline Massé-Phelan, affirme quant à elle que son frère est "innocent" et exhorte Téhéran à le libérer pour raisons humanitaires.

Pourquoi Bernard Phelan se trouvait-il en Iran?

Selon sa sœur, le sexagénaire était en "voyage d'études" dans le cadre de ses activités de "consultant en Iran pour un tour-opérateur" lorsqu'il a été arrêté début octobre. Il "adorait l'Iran" affirme-t-elle et y "faisait venir des touristes". Il était arrivé en Iran le 17 septembre et n'avait pas de crainte particulière selon sa sœur.

Pourquoi est-il emprisonné?

La raison précise de la détention de Bernard Phelan n'a pas été communiquée publiquement par l'Iran ou commentée par le Quai d'Orsay. "Il n'a pas été jugé" mais a été arrêté au prétexte qu'il faisait de la propagande anti-régime iranien, affirme sa sœur.

La situation du Franco-irlandais rappelle celle de plusieurs autres Occidentaux dont six autres Français qui ont été arrêtés peu après le déclenchement du mouvement de protestation en Iran en réaction à la mort de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour avoir mal porté son voile et décédée trois jours plus tard. Bernard Phelan est parti en Iran le lendemain de son décès.

"Le voyage de mon frère était prévu de longue date", explique Caroline Massé-Phelan.

Les soutiens des Occidentaux arrêtés les décrivent comme des innocents utilisés par les Gardiens de la révolution comme leviers dans les relations de l'Iran avec l'Occident. Téhéran et les grandes puissances ont longtemps tenté, en vain, de ressusciter un accord international de 2015 qui vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien. Téhéran est accusé, malgré ses démentis, de chercher à se doter de l'arme atomique.

"Je pense qu'il fait partie d'un groupe d'Européens emprisonnés pour des raisons politiques (...) dont je connais rien", "nous n'avons rien à voir dans cette histoire", a déclaré sa sœur.

"C'est un innocent au milieu de je ne sais quelle histoire (...) qui est malade, qui veut juste rentrer chez lui", déplore-t-elle

Pourquoi sa situation inquiète-t-elle?

Après avoir entamé une grève de la faim le jour de l'An pour protester contre sa détention, Bernard Phelan est à présent en grève de la soif depuis lundi et son état de santé s'est, de fait, fortement dégradé. Une source diplomatique a indiqué à l'AFP que le sexagénaire montrait "de graves signes d'épuisement physique et psychologique".

"Il ne va déjà pas bien. Il a perdu du poids" mais "il fait ça parce qu'il n'en peut plus", "ce sont les seules armes" dont il dispose, souligne Caroline Massé-Phelan.

Le détenu souffre par ailleurs de problème cardiaque et d'une pathologie aux os nécessitant une prise en charge médicale. L'état de santé de Bernard Phelan est "fragile et nécessite un suivi médical approprié qui n'est pas assuré dans son lieu de détention", déplore Anne-Claire Legendre, directrice de la communication du Quai d'Orsay, exigeant qu'il "soit relâché sans délai".

Les familles des sept détenus français sont de plus en plus inquiètes alors que l'hiver rend de plus en plus pénibles les conditions de détention dans des cellules surpeuplées et sans fenêtres où règne un froid glacial.

Le ministère "multiplie, en lien avec le gouvernement irlandais, les démarches auprès de l'Iran" pour que Bernard Phelan soit relâché "sans délai".

Le sexagénaire est en contact deux fois par jour avec la cellule de crise et de soutien du Quai d'Orsay "qui transmet les messages de sa famille", a indiqué la source diplomatique française. Mais les demandes de communication directe avec la famille ont toutes été refusées par les autorités iraniennes.

Le Franco-irlandais n'a reçu sa première visite consulaire française que le 9 janvier, après des demandes répétées, a également expliqué la source diplomatique. Son père de 95 ans a écrit à l'ambassade d'Iran en Irlande pour solliciter une libération.

Article original publié sur BFMTV.com