300 participants, bagarre et Covid-19: ce que l'on sait de la fête clandestine qui a dégénéré à Joinville-le-Pont

Esther Paolini
·4 min de lecture
La maison qui a accueilli la fête clandestine à Joinville-le-Pont, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 novembre 2020. - BFMTV
La maison qui a accueilli la fête clandestine à Joinville-le-Pont, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 novembre 2020. - BFMTV

"C'est un immense bordel". Le maire de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), Olivier Dosne, ne mâche pas ses mots, après l'organisation d'une soirée privée réunissant plus de 300 personnes dans un pavillon de sa commune vendredi soir. Tandis qu'une personne a été testée positive au coronavirus, les autorités redoutent que cette fête sauvage se transforme en cluster géant et demandent à tous les participants de se faire tester rapidement. BFMTV.com fait le point sur cette soirée clandestine organisée en plein confinement.

· Plus de 300 invités, une piste de danse et un bar clandestin

Plus de 300 fêtards se sont rassemblés vendredi soir dans un pavillon de près de 400 m² de cette commune de banlieue parisienne. Selon une source proche du dossier à l'AFP, les convives auraient été invités via les réseaux sociaux.

Pour l'occasion, le loft avait été transformé en véritable boîte de nuit, expliquent des témoins au Parisien. Ainsi, un bar a été installé pour désaltérer les convives, ainsi que des tables sur lesquelles étaient présentées des chichas. Les vidéos amateur font également état d'un puissant système sonore et de jeux de lumières comparables à ceux d'un établissement de nuit professionnel.

"Il y avait beaucoup d'alcool, des préservatifs... Sans être vulgaire, c'est un immense bordel", s'indigne auprès de BFMTV le maire de Joinville-le-Pont, Olivier Dosne.

· Une intervention de police mouvementée

Vers 2 heures du matin, des voisins appellent la police en raison du tapage causé par la fête. Arrivés sur place, les policiers constatent qu'entre 300 et 400 personnes sont rassemblées, "dans un mépris total des règles sanitaires", dénonce la préfecture de police sur son compte Twitter.

Les fêtards "manifestement très avinés", d'après une autre source, prennent à partie les policiers et, "mécontents", leur jettent des bouteilles, a encore expliqué la préfecture. Ce que confirme à BFMTV Stanislas Gaudon, membre du syndicat Alliance Police Nationale:

"Les policiers ont été violemment pris à partie, il y a d'ailleurs eu dépôt de plainte de mes collègues, des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de ces jets de projectiles."

Les agents font alors usage de grenades de désencerclement et évacuent ces invités. Aucun blessé n'est à déplorer, a ajouté une source proche du dossier.

· Un participant positif au Covid-19

Dans un communiqué publié samedi après-midi, la préfecture de police a indiqué qu'au moins un des participants était positif au Covid-19 et invité l'ensemble des personnes présentes "à se faire dépister dans les meilleurs délais et à s'isoler au moins jusqu'à réception des résultats de leur test".

"Il y a un effet de responsabilité collective pour éviter la propagation du virus", rappelle de son côté Stanislas Gaudon.

Ce dernier souligne que "la police est sur tous les fronts", citant en plus du terrorisme, "le contrôle des attestations sur la voie publique, le contrôle des fêtes clandestines et des commerces qui doivent être fermés".

"L'équation est compliquée pour les policiers", déplore le syndicaliste qui dénonce l'organisation d'un "cluster géant."

· Deux personnes interpellées, dont le propriétaire du pavillon

Deux personnes ont été interpellées dans cette affaire. Selon des sources concordantes à BFMTV, il s'agit du propriétaire de la maison, qui s'est présenté au commissariat, et de l'organisateur de la soirée.

Ces deux invididus ont été placés en garde à vue pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

· Un pavillon déjà pointé du doigt

Ce n'est pas la première fois que ce pavillon, caché derrière un portail d'environ 3 mètres, pose problème. L'édile de Joinville-le-Pont affirme sur notre antenne qu'il a déjà reçu une "dizaine de signalements depuis août dernier" concernant des tapages nocturnes en lien avec ce loft.

"Cela a commencé pendant le premier confinement. Il y avait des fêtes tous les week-ends. J'ai même retrouvé de la drogue par terre", déplore une voisine auprès du Parisien.

D'autres témoignages recueillis par Le Parisien évoquent également des tournages de films pornographiques dans cette maison. Face à ces différentes activités plus ou moins recommandables, la municipalité se dit démunie.

Article original publié sur BFMTV.com