Loire: un toxicomane payait ses dealers avec des informations soutirées à la police

Par E.P
·2 min de lecture
Entrée du Palais de justice d'Amiens. (PHOTO D'ILLUSTRATION). - PHILIPPE HUGUEN © 2019 AFP
Entrée du Palais de justice d'Amiens. (PHOTO D'ILLUSTRATION). - PHILIPPE HUGUEN © 2019 AFP

Un toxicomane soupçonné de vendre à ses dealers des renseignements soutirés à la police et à la gendarmerie en se faisant passer pour un de leurs, a été placé sous contrôle judiciaire, a annoncé ce dimanche le parquet de Roanne (Loire).

Schizophrène

Interpellé mercredi alors qu'il était hospitalisé d'office, cet homme de 32 ans était recherché depuis plus d'un an dans le cadre d'une enquête pour "escroquerie aggravée par la prise indue de la qualité de personne dépositaire de la force publique", a précisé le procureur de la République de Roanne Abdelkrim Grini, confirmant une information du quotidien régional Le Progrès.

Présenté vendredi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Roanne pour des faits reconnus en garde à vue, le suspect a demandé un délai pour préparer sa défense.

Originaire du Vaucluse et domicilié dans la région stéphanoise ces deux dernières années, le trentenaire, qui souffre de schizophrénie, a été ramené à l'hôpital psychiatrique lyonnais Saint-Jean de Dieu dans l'attente de son procès fixé au 12 février. Il encourt sept ans de prison.

Un casier judiciaire chargé

En état de récidive légale dans le cadre d'une condamnation pour extorsion, son casier judiciaire compte une trentaine de mentions. L'homme s'était fait passer une première fois pour un policier lyonnais auprès du centre pénitentiaire de Roanne afin d'obtenir des renseignements sur un détenu, précise le parquet. C'est alors qu'une enquête avait été ouverte.

Il est ensuite parvenu depuis un téléphone portable à tromper la vigilance de membres des forces de l'ordre en employant le jargon professionnel approprié. Des policiers du Rhône mais aussi de Perpignan ou encore des gendarmes de Nîmes en ont fait les frais.

Décrit par les enquêteurs comme "intelligent et particulièrement malin", il a expliqué utiliser ces informations confidentielles comme moyen de paiement auprès de trafiquants de drogue.

Interpellé l'été dernier pour un vol avec violence à Aix-en-Provence, il avait alors été déclaré pénalement irresponsable et hospitalisé d'office mais a continué son petit jeu depuis l'hôpital, ce qui a permis aux enquêteurs de le localiser.

Article original publié sur BFMTV.com