La Loire se libère de son corset d'épis

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Un vaste chantier de démolition des murets qui rendaient le cours d’eau navigable au 19e siècle va permettre au plus long fleuve de France de retrouver son cours naturel. La biodiversité du milieu fluvial en sera renforcée.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°896 daté octobre 2021.

La Loire retrouve une partie de sa liberté ! Depuis le 1er septembre 2021, bulldozers et pelleteuses sont en train de supprimer 38 "épis de navigation" : des murets de pierre placés en travers du cours du fleuve depuis 1850. Pour les voir, il faut se promener entre le pont suspendu de Montjean-sur-Loire (Maine-et-Loire) et la pointe ouest de l'île de Chalonnes. À la fin de l'été, pendant la période d'étiage quand le débit du cours d'eau est au plus bas, les immenses bancs de sable et de sédiments ourlent les rives et enserrent le lit central où le courant reste vif. C'est à cette époque que les épis sont à sec. Et peuvent être détruits.

Plus de 750 épis construits

La Loire n'est pas du tout "le dernier fleuve sauvage d'Europe". Il a été endigué dès le 18e siècle et calibré au 19e siècle pour se soumettre aux besoins de la population. Les digues étaient destinées à lutter contre les inondations et les épis à le rendre navigable. Pour y faire passer bateaux et péniches, les ingénieurs avaient imaginé construire en travers du cours ces murets destinés à détourner le courant des méandres et "bras" d'un cours divagant auparavant librement dans son large lit majeur (le pont de Montjean fait près de 500 m de long). Ils devaient ainsi assurer que les eaux emplissent en permanence le centre du fleuve. Plus de 750 épis ont été construits entre les Ponts-de-Cé et Nantes. Au début du 20e siècle, les bateaux pouvaient remonter le cours jusqu'à 150 kilomètres de l'estuaire.

"Ces ouvrages ont eu trois conséquences, résume Séverine Gagnol, cheffe de l'unité territoriale Loire Aval chez Voies navigables de France (VNF), maître d'ouvrage du projet. Tout d'abord le lit s'est creusé du fait de l'accélération du courant et du blocage du sable et des sédiments par les épis. Ensuite, les bras latéraux se sont asséchés. Enfin, les marées ont pu remonter plus loin dans le fleuve, salinisant des mili[...]

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