La loi "sécurité globale", symbole d'un maintien de l'ordre fondé sur la force

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"Il y a en ce moment une crise morale de la police française telle que je ne l'ai jamais connue sur les 40 dernières années." Pour Sébastian Roché, politologue et auteur de De La police en démocratie, la proposition de loi "sécurité globale", pénalisant la diffusion malveillante de l'image des forces de l'ordre, est le résultat d'une doctrine de maintien de l'ordre basée depuis plusieurs années non pas sur la confiance mais sur la force. "Dans le modèle français, la police ne recherche pas la confiance de la population, elle cherche à s’imposer par la force", explique-t-il sur Europe 1 dimanche. 

Les manifestants ne sont pourtant pas plus remontés qu'avant, au contraire, affirme-t-il. "Depuis 40 ans les protestataires sont de moins en moins violents. Il y a de moins en moins de policiers tués." Il compare notamment les manifestations actuelles avec les affrontements entre citoyens et policiers qui ont eu lieu en 1968 et à la fin des années 1970. "Des milliers d'ouvriers manifestaient alors parce qu'ils avaient perdu leur travail. C'était d'une violence incomparable."

"Les dirigeants se méfient du peuple"

Côté forces de l'ordre aussi, la violence physique s'est amoindrie, dit-il, rappelant le massacre du 17 octobre 1961 et la répression meurtrière, par la police française, d'une manifestation d'Algériens organisée à Paris. "Ce ne sont plus des choses que l'on voit aujourd'hui." 

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Reste que la...


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