Loi «sécurité globale»: Dupond-Moretti et Darmanin ne sont pas sur la même ligne

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En France, le président Emmanuel Macron s’exprimera mardi soir à la télévision pour donner des perspectives sur la suite du confinement. En attendant, le gouvernement doit faire face à un nouveau front : la levée de bouclier contre la proposition de loi dite « sécurité globale » qui doit être adoptée mardi par l’Assemblée nationale et qui selon ses détracteurs attente à la liberté d’informer. Ce débat suscite des tensions au sein du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin reçoit ce lundi les représentants des journalistes avec une volonté de calmer le jeu.

Tenter de rassurer, d’apaiser les tensions. Après ses déclarations controversées de la semaine dernière, Gérald Darmanin discutera ce lundi soir avec des syndicats de journalistes pour « dissiper les malentendus », dit-on dans l’entourage du ministre.

Plus de 20 000 personnes se sont rassemblées samedi en France pour dénoncer un texte jugé liberticide. Il encadre notamment la diffusion d’images de policiers, c’est le fameux article 24.

Le Premier ministre Jean Castex a déjà tenté de calmer les choses jeudi, en proposant des garde-fous, qui ont été adoptés vendredi par les députés, cela n’a pas convaincu les opposants à la mesure.

Pas convaincu non plus, le ministre de la Justice en personne. Eric Dupond-Moretti a pris publiquement ce dimanche ses distances avec les positions et la méthode de son collègue de l’Intérieur : oui, selon lui, les policiers doivent pouvoir être filmés, non, les journalistes n’ont pas à s’accréditer pour suivre une manifestation et oui, l’article 24 pose problème d’un point de vue légal.

Eric Dupond-Moretti souhaite que le texte soit modifié. Il revendique de faire entendre « sa sensibilité » face à un ministre de l’Intérieur désormais sur la défensive.

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