Loi immigration : Éric Ciotti maintient la pression sur le gouvernement avec une « grande pétition »

De la motion de censure à la « grande pétition », Éric Ciotti (ici le 15 mars à l’Assemblée) maintient la pression sur le gouvernement au sujet de la loi immigration.
LUDOVIC MARIN / AFP De la motion de censure à la « grande pétition », Éric Ciotti (ici le 15 mars à l’Assemblée) maintient la pression sur le gouvernement au sujet de la loi immigration.

POLITIQUE - Nouvelle offensive. Éric Ciotti annonce ce dimanche 29 octobre le lancement d’une « grande pétition nationale » sur le thème de l’immigration, « pour rassembler la majorité des Français qui veulent changer les choses et ne supportent plus l’impuissance actuelle ». Une nouvelle façon de se montrer à l’initiative et de maintenir la pression sur l’exécutif à propos de ce dossier épineux.

« Puisque le Président procrastine pour aller au référendum, je propose que les Français eux-mêmes imposent leur volonté », affirme dans le JDD ainsi le président des Républicains, dont le groupe a déposé une proposition de loi constitutionnelle sur l’immigration examinée le 7 décembre à l’Assemblée.

La première mesure de ce texte « vise » donc à « élargir le cadre du référendum au titre de l’article 11 (de la Constitution, ndlr) pour que le peuple puisse être consulté directement sur les questions liées à l’immigration », une des propositions phares de la droite.

« Aller jusqu’au bras de fer avec le gouvernement »

« Tous les sondages qui ont été faits démontrent que les propositions concrètes, pragmatiques et juridiquement étayées des Républicains sont soutenues par plus des trois quarts des Français. Or, nos concitoyens n’ont jamais, dans l’histoire contemporaine, été consultés directement pour qu’ils puissent s’exprimer en matière d’immigration. Le temps est venu de le faire », plaide Éric Ciotti dans le JDD.

Le député, qui assume « d’aller jusqu’au bras de fer avec le gouvernement », promet que si « le gouvernement passe en force, notamment en imposant son article 3 qui régularise les clandestins, (LR) n’hésiter(a) pas à déposer une motion de censure ».

Force est de constater que la droite durcit encore le ton vis-à-vis de l’exécutif, après le meurtre à Arras d’un professeur par un jeune homme fiché pour radicalisation islamiste, et alors que le projet de loi sur l’immigration arrive dans l’hémicycle du Sénat le 6 novembre.

Le président du groupe LR à la Haute Assemblée, Bruno Retailleau, a de nouveau fermé la porte dans Le Point samedi à tout compromis sur l’article 3, le plus contesté par la droite, qui doit permettre de régulariser des étrangers sans-papiers travaillant dans les métiers en tension. « Si nous ne parvenons pas à trouver un accord sur la suppression de cet article, nous voterons contre ce texte. C’est un préalable. Et je n’accepterai pas de faux-semblant. Pas de jeu de bonneteau avec la transposition de cet article 3 dans une nouvelle rédaction, sous un autre article », a-t-il dit.

Si ce n’était pas clair, son homologue de l’Assemblée, Olivier Marleix, est aussi monté au créneau, cette fois dans Le Parisien. « C’est un texte avec des fausses mesures de droite, sans effet, et avec des vraies mesures de gauche », a-t-il taclé, appelant une nouvelle fois le président de la République à « réformer la Constitution ».

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