Loi climat : la difficile lutte pour la "zéro artificialisation nette"

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Le changement d’occupation des sols agricoles et naturels par des constructions humaines est un phénomène profond, difficile à mesurer et complexe à endiguer. La loi climat et résilience en discussion actuellement à l’Assemblée nationale instaure quelques timides outils pour stopper le grignotage de la nature d’ici à2030.

TERRITOIRE MOUVANT. "Un objet scientifiquement ambigü." Quand ils posent le pied sur le sujet de l’artificialisation des sols, les chercheurs de) et de admettent d’emblée entrer dans un territoire mouvant, difficile à cerner, piégé. constitue à ce jour le travail le plus complet sur ce phénomène liant étalement urbain, déprise agricole, mobilité.

Environ 60.000 hectares de terres agricoles et de nature sont couverts tous les ans par des maisons, des routes, des usines, des entrepôts. Le phénomène a commencé dans les années 1970. Un demi-siècle plus tard, en cours d’examen à l’Assemblée nationale propose quelques barrages réglementaires, imposant notamment aux communes de démontrer qu’il n’existe pas d’alternative à l’implantation de leurs projets d'urbanisme sur des terrains nus. Les travaux scientifiques montrent que ces quelques mesures sont très insuffisantes pour stopper la consommation de terre d’ici à 2030.

Des méthodes de mesure différentes pour un phénomène diffus

Et d’abord de quoi parle-t-on ? Scruter le changement d’affectation du moindre hectare de terrain n’est pas chose aisée. Les méthodes pour y parvenir sont très différentes et les résultats divergents. Le programme européen procède par interprétation par des géographes de photographies aériennes. Ce travail compte à ce jour 4 actualisations en 1990, 2000, 2006 et 2012. La méthode française procède par observation sur le terrain de 300.000 placettes séparées de 6 kilomètres. Ces procédures ont l’une et l’autre des qualités et des défauts. Mais elles ne donnent pas les mêmes résultats. Corine Land Cover estime le taux moyen d’augmentation des surfaces artificialisées à 33.000 hectares par an (ha/an) entre 2000 et 2006 et 16 000 ha/an entre 2006 et 2014, Terruti-Lucas arrive à 61 200 ha/an entre 2006 et 2014. La surface totale urbanisée du territoire est de 5% pour Corine et de 9% pour Terruti. Les comparaisons avec les autres États européens divergent également. Pour l’expertise de l’Inrae et de [...]

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