Vers une loi "ambitieuse" sur la sécurité avant l'élection présidentielle

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VERS UNE LOI "AMBITIEUSE" SUR LA SÉCURITÉ AVANT L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, Jean Castex, a confirmé lundi à l'occasion du lancement du "Beauvau de la sécurité" l'intention du gouvernement de "poser les fondements d'une ambitieuse loi de programmation de la sécurité intérieure à l'horizon de 2022".

D'ici fin mai, les acteurs du secteur doivent mener une réflexion conformément au voeu formulé le 8 décembre dernier par le président Emmanuel Macron, dont le quinquennat se termine au printemps de l'année prochaine.

Organisation des forces de l'ordre, simplification des procédures, relations avec l'autorité judiciaire figurent parmi les thèmes appelés à être abordés de même que la "relation entre les forces de l'ordre et la population, les relations avec les médias, la transparence qui renvoie notamment, mais pas seulement, aux opérations de maintien de l'ordre et aux conditions d'intervention", a dit Jean Castex dans un discours.

"L'immense majorité des forces de sécurité (...) respecte les lois de la République", a souligné le chef du gouvernement, alors que ces derniers mois ont été marqués par des accusations de violences commises par les forces de l'ordre. Pour autant, le gouvernement ne saurait "tolérer que des pratiques inadmissibles puissent venir entacher" l'action des forces de l'ordre, a dit Jean Castex.

Le lancement du "Beauvau de la sécurité" coïncide avec le début du débat en séance à l'Assemblée nationale du projet de loi controversé "confortant le respect des principes républicains", qui entend notamment lutter contre la haine en ligne et réformer le financement des cultes.

Une partie de la gauche juge ce texte hostile aux musulmans alors que des élus de droite pensent qu'il ne va pas assez loin, sur la question du voile islamique par exemple.

"D'un côté il y a une certaine gauche de naïveté, de l'autre côté une certaine droite pousse à l'hystérie", a considéré sur France Inter le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

"Et cette hystérie, elle aura comme inconvénient de pousser vers les islamistes tous les musulmans qui respectent parfaitement les lois de la République. Et moi je dis que ceux qui souhaitent absolument prendre des mesures encore plus dures, encore plus difficiles, encore plus polémiques simplement pour se refaire la cerise politique, ce sont les idiots utiles de ces islamistes", a-t-il ajouté.

(Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault)