«Les logiques religieuses se substituent à celles de l’universalisme du droit international»

Libération.fr
Des manifestants palestiniens brûlent des images de Donald Trump à Bethléem, en Cisjordanie, le 5 décembre.

Pour François Burgat, directeur de recherche à l'Iremam, le choix de Trump de déclarer Jérusalem capitale d'Israël revient à cautionner les plus abrupts des raccourcis jihadistes qu’il prétend vouloir combattre.

François Burgat est directeur de recherche à l’Iremam, Institut de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman, basé à Aix-en-Provence. Il revient sur la décision de Donald Trump d’imposer Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël. Entretien.

Jérusalem mobilise-t-il toujours autant les peuples arabes, musulmans ?

Il est évident que les pages récentes du printemps arabe ont volé un peu de la centralité de la question palestinienne. La décision de Donald Trump ne va de surcroît rien changer à court ou même moyen terme au statut des Palestiniens. On a tout de même le sentiment que, sur le terrain des symboles, celui qui nourrit toutes les idéologies, la page qui a été tournée hier est essentielle. Car aucun théâtre n’a la même exemplarité que la question palestinienne. Faites le test sur les réseaux sociaux. Vous verrez rapidement que l’intérêt pour «la cause palestinienne» continue à occuper dix fois plus de place que n’importe quelle autre actualité proche-orientale.

A qui peut profiter ou nuire l’affaire Jérusalem parmi les pays de la région ?

Cette posture américaine fragilise un peu plus tous ceux que nous qualifions – de manière chaque jour plus irréaliste – de «modérés». Ceux qui avaient récemment accepté de côtoyer l’infréquentable Trump. Au premier rang viennent l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, et pas loin derrière la Jordanie. Le paradoxe de la stratégie de Trump est qu’il vient de mettre une incroyable pression sur cette improbable alliance formée – au nom d’une obsession anti-iranienne revenue au centre de la diplomatie américaine – par Israël, les Etats-Unis et plusieurs Etats de la Péninsule, Arabie en tête. Or, il est clair que l’unilatéralisme arrogant du président américain fait au contraire le jeu non seulement des (...)

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