Logements sociaux, écoles ouvertes en août... Ce qu'il faut retenir des annonces de Borne sur les banlieues

La Première ministre a présenté ce vendredi le second volet de son plan pour les banlieues. L'exécutif veut accélérer sur l'emploi en lançant le "testing" dans 500 entreprises. Il souhaite également ouvrir les établissements scolaires les "derniers jours d'août".

Après le volet judiciaire présenté ce jeudi à la Sorbonne, place aux mesures sociales. Près de 4 mois après les émeutes liées à la mort du jeune Nahel tué d'un tir de policier, Élisabeth Borne a dévoilé, ce vendredi lors d'un conseil interministériel des villes, les mesures sociales de son plan anti-émeutes.

• Un plan pour réhabiliter les copropriétés dégradées

Le ministère du Logement estime à près de 700 les copropriétés particulièrement dégradées en France, souvent dans des quartiers prioritaires. Derrière ce terme, on retrouve des logements dangereux mais également aussi des habitations insalubres, qui peuvent affecter la santé des résidents.

Élisabeth Borne annonce un grand plan de réhabilitation des copropriétés dégradées via un projet de loi dédié "d'ici la fin de l'année".

"Les copropriétés dégradées sont l'image même de l'habitat indigne. Leur rénovation doit être une priorité", a expliqué ce vendredi la Première ministre.

Emmanuel Macron avait fait des "copropriétés dégradées, l'habitat insalubre" l'une de"ses priorités" lors de sa visite à Marseille à la rentrée dernière, particulièrement touchée par ce phénomène.

• L'arrivée du testing pour lutter contre la discrimination

Le taux de chômage dans les quartiers prioritaire est de 18,6 %, soit deux fois plus que dans les quartiers environnants. De quoi pousser la cheffe du gouvernement à vouloir lancer "le testing massivement dès 2024".

"C'est inacceptable que certains noms et certaines adresses condamnent au chômage", a jugé la Première ministre.

Ce dispositif veut permettre de lutter contre les discriminations à l'embauche en raison de l'origine ethnique, sociale ou géographique des candidats, en "systématisant" des "tests statistiques et individuels".

Dans le viseur de Matignon: l'accès aux stages, à l’embauche, au logement ou aux prêts bancaires. Ce testing aura lieu sous l’égide de la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH) et devrait viser à terme le contrôle de 500 entreprises par an.

Une proposition de loi relativement proche est dans les tuyaux depuis plusieurs mois et avait été déposée en juillet dernier par Marc Ferracci, un très proche d'Emmanuel Macron.

• Les écoles ouvertes à la fin des vacances scolaires

Emmanuel Macron s'est agacé à plusieurs reprises du rythme scolaire des jeunes, en particulier dans les quartiers prioritaires. "On détruit en quelque sorte de l'apprentissage collectif", avait déploré Emmanuel Macron en juin dernier, en remettant notamment en cause la coupure estivale jugée trop longue et reproductrice d'inégalités entre les élèves.

Annoncée par le président lors d'une interview avec le vidéaste Hugo Décrypte, Élisabeth Borne a confirmé l'ouverture des établissements scolaires dans les quartiers prioritaires dans "les derniers jours" de fin août.

"Ce geste permet un meilleur accompagnement scolaire", a avancé la Première ministre.

La mesure ne convaint pas les syndicats de professeurs. Après les déclarations du président, des enseignants se sont demandés si la présence des élèves serait volontaire ou obligatoire et quels professeurs seront sollicités avec quelle rémunération.

Élisabeth Borne a également rappelé plusieurs annonces déjà faites par le président commme l'accueil en continu de 8h à 18h dès septembre 2024 dans les collèges des réseaux d'éducation prioritaire, et l'ouverture des bibliothèques le dimanche dans 500 collectivités.

• Les logements sociaux plus attribués aux plus précaires dans les quartiers prioritaires

Plusieurs études ont souligné la concentration dans les quartiers prioritaires de problématiques sociales, comme le chômage, le décrochage scolaire, la précarité.

De quoi pousser l'association Villes et banlieues qui réunit la plupart des élus des banlieues à demander une meilleure "clef de répartition" dans l'attribution des logements sociaux.

"On ne peut pas concentrer toutes les difficultés dans les même quartiers", a reconnu Élisabeth Borne.

Elle a annoncé sa volonté de demander aux préfets de ne plus attribuer de logements ou de créer des places d'hébergement pour "les personnes les plus précaires" dans les quartiers prioritaires.

Les préfets auront également consigne de stopper la création de nouvelles places d'hébergement d'urgence, destinées aux personnes sans domicile, dans ces mêmes quartiers.

Article original publié sur BFMTV.com

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