Livre : Traverser Tchernobyl, ou l’Ukraine dans "la Zone”

AFP - Sergei SUPINSKY

Publié en 2016, le livre Traverser Tchernobyl fait l'objet d’une réédition augmentée au regard de l’actuelle guerre en Ukraine. Plutôt que raconter l’accident de la centrale nucléaire en avril 1986, il explore, sur un ton très personnel, la zone d’exclusion comme on revisite l'histoire du monde soviétique.

Les amateurs du réalisateur russe Andreï Tarkovski le savent : son film Stalker de 1979, avec son site industriel délabré repris par la nature, son périmètre interdit appelé "la Zone", son guide clandestin (le "stalker") et son atmosphère inquiétante, préfigure de façon troublante la zone d’exclusion autour de la centrale nucléaire de Tchernobyl après l’accident d’avril 1986, à cheval sur l’Ukraine et la Biélorussie.

De fait, cette référence vient très vite, et plusieurs fois (un bateau sur la rivière Pripiat est même baptisé Stalker), dans Traverser Tchernobyl. Historienne née à Moscou en 1948 et ayant vécu 25 ans sous le régime soviétique, son auteur Galia Ackerman est spécialiste de la Russie post-soviétique. Elle a déjà écrit sur la catastrophe de 1986 et été commissaire d’une vaste exposition sur le sujet à Barcelone en 2006 (la quête des objets qui y seront montrés est racontée dans le livre).

Un récit aux airs d'"urbex"

Mais ce livre, dont il s’agit ici d’une nouvelle édition augmentée parue en regard de la guerre en cours en Ukraine, a ceci de particulier qu’il a des airs d’"urbex", ces explorations de sites à l’abandon plus ou moins légales.

En l’occurrence, Galia Ackerman n’entre pas dans la zone d’exclusion en cachette. Les allers et venues y sont certes réglementées, pour cause de contamination, mais l’auteur bénéficie des autorisations nécessaires. Une fois à l’intérieur, les choses sont moins claires. Tout ne se passe pas comme cela devrait se passer. Alors que l’endroit est censé avoir été évacué, des gens habitent là où ils ne devraient pas ; des maisons à moitié détruites ont été réinvesties ; des matériaux contaminés font l’objet de trafic ; les "stalkers" ne respectent pas toujours les consignes ; poissons et champignons impropres à la consommation servent de repas.

C’est tout l’art de ce récit que de présenter la zone d’exclusion de Tchernobyl comme un monde à part sans verser dans la fascination ou une poésie des ruines déplacée. Quand certains [...]

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