Avec son livre, le prince Harry se met aussi l'armée à dos

Le prince Harry en Afghanistan, en 2008. - John Stillwell - AFP
Le prince Harry en Afghanistan, en 2008. - John Stillwell - AFP

Les écrits de Harry ont un écho international. En plus de sans doute énerver au plus haut point sa famille, les confidences du prince dans son autobiographie à paraître lui attirent les foudres de l'armée.

Les rodomontades du prince sur ses faits d'arme en Afghanistan sont en effet peu en accord avec la traditionnelle discrétion de l'armée. Car si l'armée n'est pas surnommée "la grande muette", leurs militaires sont tenus à une certaine confidentialité sur leurs actions sur le terrain.

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"Stupidité crasse"

"Vous ne devez pas parler à la presse, vendre des articles ou des photos sans l'autorisation de votre commandant", est-il ainsi écrit sur le site de l'armée britannique.

"Ce n'est pas comme cela qu'on se comporte dans l'armée", a commenté le colonel Tim Collins dans les colonnes du l'Independent.

Pour lui, Harry a "tourné le dos à son autre famille, l'armée, qui l'a autrefois accueilli en son sein, après avoir démoli sa famille biologique".

D'autres souslignent le côté ridicule et même dangereux des déclarations du prince.

"C'est d'une stupidité crasse et naïve de la part de Harry, de son éditeur et de son ghostwriter", estime pour sa part le major Chip Chapman, au micro de Times Radio.

"Grande gueule"

"Harry n'est plus dans l'armée, mais ces choses sont toujours sensibles, et pour lui qui recherche la sécurité et la discrétion, il vient juste de s'exposer à toutes sortes de jihadistes et de cinglés."

Le chef taliban Agha Gol a d'ailleurs qualifié le prince de "grande gueule", et l'a mis au défi de revenir en Afghanistan "s'il est un vrai homme".

Le fils cadet du roi Charles III a passé 10 ans dans l'armée britannique, avec deux déploiements en Afghanistan, en 2007-2008 pendant 10 semaines, puis comme pilote d'hélicoptère dans le sud du pays de septembre 2012 à janvier 2013. Il démissionne en 2015 faute de pouvoir retourner sur le terrain.

Dans son livre Le Suppléant publié mardi prochain mais dont certains journaux ont déjà obtenu copie, le prince exilé en Californie raconte avoir appris dans le cadre de son entraînement à tuer des ennemis et que cela faisait partie de son travail: "Nous tirons quand il le faut, prendre une vie pour sauver une vie".

Des "pièces de jeu d'échecs"

Selon le Telegraph, il raconte au sujet de son deuxième déploiement qu'il pouvait compter le nombre de ses victimes grâce aux caméras embarquées sur son hélicoptère Apache.

"Il me paraissait essentiel de ne pas avoir peur de ce nombre. Donc le nombre pour moi c'est 25. Ce n'est pas un chiffre qui me remplit de satisfaction, ni qui m'embarrasse", écrit le prince de 38 ans.

Il raconte avoir considéré ces victimes comme des "pièces de jeu d'échecs" retirées de la partie, comme le prévoyait son entraînement car il est impossible de tuer une cible "si on la considère comme une personne".

"Personnellement, si j'avais conseillé le prince, je lui aurais déconseillé d'entrer dans les détails comme il le fait ici", souligne Lord Kim Darroch, ancien conseiller à la sécurité nationale interrogé par Sky News ce vendredi.

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"Je t'aime, Harry, mais il faut vraiment que tu te taises. On se demande avec qui il traîne. Si c'était des gens bien, quelqu'un lui aurait déjà dit d'arrêter", a tweeté un vétéran qui a servi en Afghanistan en 2008 et y a perdu un bras et une jambe.

Article original publié sur BFMTV.com