Livre : avec "Les Nostalgériades", Fatiha Agag-Boudjahlat entre témoignage et dénonciation

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L’enseignante et militante laïque livre un témoignage sensible et puissant, à la frontière du récit intime et de l’essai politique. Une ode à un féminisme universaliste.

Il n’est pas question de nier la qualité des nombreux essais écrits en défense d’un féminisme universaliste. Mais il faut bien l’avouer, cette passion bien française pour l’abstraction condamne parfois ces textes à manquer quelque peu de sève. Dans son dernier livre, les Nostalgériades (un néologisme formé en combinant les mots " nostalgie ", " Algérie " et " jérémiades "), Fatiha Agag-Boudjahlat, déjà auteure des excellents le Grand Détournement (éditions du Cerf, 2017) et Combattre le voilement (éditions du Cerf, 2019), réussit brillamment à surmonter cette contradiction en combinant le récit intime et l’essai politique.Cette enseignante d’histoire-géographie, bien connue dans la sphère des militants laïques, n’a pas un parcours banal : issue d’une famille d’immigrés algériens installée à Montbéliard (Doubs) et imprégnée de traditionalisme, elle a grandi avec sept frères. Tous ont été abandonnés par leur père à un jeune âge.Patriarcat et féminisme dans le viseurFatiha Agag-Boudjahlat aurait pu utiliser ce parcours semé d’embûches pour se calfeutrer dans le statut de victime, " désormais le seul reconnu et valorisé " dans le débat public. Au contraire, l’essayiste vient puiser dans ce vécu (les réflexions de ses élèves issus de l’immigration, des souvenirs familiaux, des interactions sociales...

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