Livraison d'armes à l'Arabie Saoudite : le gouvernement espagnol remballe son éthique

Libération.fr
Pedro Sánchez à Madrid, le 3 août.

Pour conserver un gros contrat passé avec l'Arabie Saoudite pour la vente de navires militaires d'1,2 milliard d'euros, le gouvernement espagnol est revenu sur son engagement de ne pas livrer 400 bombes, potentiellement létales pour les civils au Yemen.

Un énorme contrat de matériel militaire est menacé. En l’occurrence, la construction de cinq corvettes à destination de l’Arabie Saoudite pour la bagatelle de 1,8 milliard d’euros, selon un accord signé en juillet entre les deux pays. Hors de l’UE et de l'Otan, l’Arabie Saoudite est pour l’Espagne le meilleur acheteur. Entre 2015 et 2017, Madrid a exporté du matériel militaire pour la coalition antiterroriste que dirige Riyad pour 1,2 milliard d’euros. Or, aujourd’hui, ce juteux commerce bilatéral est en suspension. Dans les milieux diplomatiques, on se débat au mieux pour tenter de limiter des dégâts et éviter la catastrophe que constituerait l’annulation pure et simple de la «plus grosse commande de ces vingt dernières années», selon l’expression de la ministre de la Défense Margarita Robles.

Carnage

Cette «suspension» est due à une annonce surprise, faite la semaine dernière par le nouveau chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sánchez, celle de «geler» une autre commande militaire, bien plus modeste : la livraison à Riyad de 400 bombes à guidage laser, supposées de très haute précision, qui se larguent depuis des avions. Pour l’Arabie Saoudite, qui s’est militairement engagée au Yémen, ce type de bombes est de haute importance dans leur stratégie guerrière. Sauf que, selon l’ONG Control Arms, elles servent aussi à tuer les populations civiles : Riyad violerait ainsi le droit international en visant des hôpitaux, des marchés ou des écoles. A l’instar d’un carnage survenu le 9 août, lorsqu’une cinquantaine de civils yéménites ont péri dans un bus, dont une grande majorité d’enfants.

Cette tragédie a été le déclic pour le gouvernement socialiste à Madrid, dans un premier temps déterminé à revenir sur (...)

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