Livraison de chars Leopard à l'Ukraine : l'Allemagne a "rendez-vous" avec l'histoire

Alors que l'Ukraine urge ses alliés occidentaux de lui fournir des chars lourds, Berlin hésiterait à donner son feu vert pour la livraison de véhicules blindés Leopard. L'Allemagne d'Olaf Scholz a "rendez-vous avec l'histoire" d'après Fabrice Pothier, ancien directeur de la planification politique de l'Otan.

"Ne pas fournir suffisamment d'armes, en particulier des véhicules blindés lourds, serait le meilleur moyen de prolonger cette guerre" estime-t-il, ajoutant que cela étendrait même le conflit "au-delà l'Ukraine".

"C'est assez clair pour la plupart des gouvernements européens - surtout en Europe du Nord et en Europe de l'Est - qui sont allés bien au-delà de ce qu'ils pouvaient" en terme d'aide allouée à l'Ukraine souligne Fabrice Pothier, qui pointe l'isolement de Berlin sur ce dossier.

"L'Allemagne est isolée, elle ne veut pas faire ce que l'histoire lui demande de faire. Et je pense que c'est vraiment décisif maintenant de savoir si Olaf Scholz sera prêt à faire ce qu'il doit faire" analyse-t-il, alors que le chancelier allemand a assuré lors du sommet économique de Davos que son pays continuerait à aider l'Ukraine "aussi longtemps que nécessaire".

Le week-end dernier, Londres avait déjà promis à Kiev ses chars lourds Challenger, et récemment l'administration Biden deviendrait "plus chaude envers l'idée que l'Ukraine attaque la Crimée" selon le New York Times.

Même le président français Emmanuel Macron, qui avait appelé dans le passé à ne pas "humilier" la Russie, parle désormais ouvertement d'une victoire de l'Ukraine et lui a promis des chars de combat légers AMX-10 RC, qui commenceront à arriver le mois prochain.

Les pays occidentaux entretiennent l'"illusion" d'une possible victoire ukrainienne "sur le champ de bataille", a rétorqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

L'ex-président russe Dmitri Medvedev a pour sa part mis en garde: "Une puissance nucléaire qui perd dans une guerre conventionnelle peut provoquer le déclenchement d'une guerre nucléaire".

Ces chars Leopard permettraient aux forces ukrainiennes de "se défendre et monter une autre contre-offensive dans les mois à venir" conclut Fabrice Pothier.