Little Richard : la fin d'un géant

Ses onomatopées légendaires qui lancent l’hymne rock Tutti Frutti résonnent désormais dans l’infini.

« A Wop/Bop A Loo Bop/ A Lop/Bam Boom », ces onomatopées légendaires qui lancent l’hymne rock Tutti Frutti résonnent désormais dans l’infini. Leur mythique auteur Richard Wayne Penniman dit Little Richard, en raison de son timbre féminin et de son handicap, ses deux jambes n’ont pas la même longueur, s’est éteint samedi 9 mai, des suites d’un cancer, a révélé son fils, Dany Jones Penniman, et l’un des ses amis proches, le révérend Bill Minson.

Little Richard a appris à chanter dans les églises

Rien n’avait prédestiné ce fils de maçon géorgien, membre d’une fratrie de douze enfants à devenir l’inventeur avec Chuck Berry, Fats Domino, Bo Didley et Jerry Lee Lewis du rock’n’roll, cette « musique du diable » dérivée du blues qui allait dynamiter l’immédiat après-guerre et faire voler en éclats les barrières raciales de l’Amérique ségrégationniste. Elevé dans une famille stricte mais qui a plongé par nécessité dans l’illégalité – le père est un receleur, qui vend de la gnôle de contrebande, et tient un bar, devant lequel il sera assassiné, en 1952 –, Little Richard a appris, comme Aretha Franklin et tant d’autres, à chanter dans les églises.

Mais, déjà, son apparence le distingue. Dans sa petite ville de Macon, ses manières efféminées, son inclinaison naissante pour les garçons et son goût de la brillantine le stigmatise. Sans appel, ses parents le chassent du domicile familial, à l’âge de 13 ans. «

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