"Little Joe" : un film de science-fiction sur les manipulations génétiques, Prix d'interprétation féminine à Cannes

Jacky Bornet

Remarquée à Cannes dans la section Un certain regard en 2014 avec Amour fou, librement adapté de la vie suicidaire du poète romantique Heinrich von Kleist, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner passe à un registre radicalement différent, avec Little Joe, un film de science-fiction sur les manipulations génétiques qui sort mercredi 13 novembre. En compétition au dernier Festival de Cannes, le film a été récompensé du Prix d'interprétation féminine, revenu à l'actrice britannique Emily Beecham.

Une esthétique novatrice

Mère célibataire vivant avec son fils adolescent, Alice (Emily Beeccham) est une brillante phyto-généticienne travaillant dans un laboratoire qui œuvre à la création de nouvelles plantes. Elle met au point une fleur dont le parfum est censé rendre les gens heureux. Baptisée Little Joe en pensant à son fils, les pouvoirs de cette plante nouvelle pourraient ne pas être aussi innocents qu’ils y paraissent.


Dès le premier magnifique plan sur la culture en batterie de cette plante florale rouge très graphique, Jessica Hausner instaure un code pictural qui ne quittera plus le film. Fondée sur des cadrages millimétrés, des travellings fluides et des couleurs pastel très ajustées, l’image n’est pas pour autant esthétisante. Sa froideur volontaire, cohérent avec son sujet autour de la science, s’avère un vrai choix de mise en scène.

Science-fiction (...)

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