Littérature Serge Doubrovsky, «inventeur» de l’autofiction, est mort

Libération.fr

L’écrivain Serge Doubrovsky, à la fois critique et romancier, l’un commentant l’autre, est mort jeudi à Paris, où il était né le 22 mai 1928. Son œuvre, introspection placée sous le double parrainage de Proust et de Freud, est une gigantesque fresque en dix livres, chahutés de scènes très intellectuelles, de pensées très sexuelles et de douleurs très réelles. Jusqu’à son dernier livre, Un homme de passage (2011), Doubrovsky évoquera le cauchemar du génocide - sa famille échappa à une rafle en 1943. Rarement un romancier aura montré à quel point l’écriture et l’existence s’interpénètrent, se provoquent. L’amour et la mort sont les pôles, mais avec une gesticulation humoristique qui vivifie tout, et contrebalance une puissante tendance à la dépression. La psychanalyse est passée par là. On doit à Serge Doubrovsky l’invention du mot «autofiction». La définition se trouve dans le «prière d’insérer» de Fils en 1977. «Autobiographie ? Non […]. Fiction d’événements et de faits strictement réels ; si l’on veut, autofiction, d’avoir confié le langage d’une aventure à l’aventure du langage, hors sagesse et hors syntaxe du roman, traditionnel ou nouveau.»Cl.D.

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