Littérature : à Marseille, le temps est à l’oral

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Parce qu’ils veulent «faire sortir la littérature du livre», de nombreux auteurs montent sur scène pour faire entendre leurs textes. Comme à Actoral, festival des arts et écritures contemporaines qui se tient jusqu’à ce samedi.

Il apparaît sur un bord du plateau, dans l’ombre, accoudé à un mur dans une pose travaillée, à mi-chemin entre la figure du cow-boy et une célèbre photo de Rimbaud. Non, il ne nous tire pas dessus, et c’est un magnifique texte sur Mallarmé qui franchit ses lèvres, qu’on suppose bien sûr être de lui, l’auteur, en chair et en os, devant nous, le public. Entre toutes, on attrape l’expression : «terrorisme de la politesse». Thomas Clerc (1), écrivain, poète, ménage ses effets. «Ce texte n’est pas de moi. J’aurais bien aimé.» Il est de Jean-Paul Sartre. Thomas Clerc se centre sur le plateau, sort de son sac quelques livres de la rentrée littéraire 2017 trouvés dans une solderie (déjà) et lit les dédicaces personnelles et pleines d’esprit d’un auteur à l’adresse, manque de chance pour elle, d’une académicienne nommée. Il nous montre ainsi l’élite prête à se séparer dès septembre, pour une obole, de l’encombrante littérature reçue gracieusement.

Cette courte lecture de dédicaces en public est un geste transgressif qui ne peut avoir lieu que lors d’une performance qui ne se reproduira pas. Ce qui s’éprouve est moins la dénonciation qu’une expérience intime : l’épreuve ou la souffrance que représente la publication d’un livre qui rate son destinataire. Bref prélude de Thomas Clerc qui nous permet à nous, auditeur, d’entendre les poèmes qu’il lira ensuite comme on n’aurait pas pu les lire. Simple lecture ou performance ? Ce 7 octobre, à Actoral, le joyeux festival des arts et écritures contemporaines de Marseille, les deux furent mêlés. Depuis qu’il écrit, Thomas Clerc développe une pratique de performer, «à partir de textes écrits pour la scène, non publiés, entremêlés d’actions de toute nature». Il ne les joue qu’une seule fois. L’écrivain, qui se (...)

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