«Liste rouge» de l'UICN: près de 28% des espèces étudiées sont menacées

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Près de 28% des espèces étudiées dans la « liste rouge » de l'UICN sont menacées. La mise à jour de ce véritable baromètre du vivant a été publiée ce samedi 4 septembre à Marseille à l'occasion du congrès mondial de l'organisation.

Au total, l'Union internationale de conservation de la nature (IUCN) a étudié 138 374 espèces. 38 543 d'entre elles (27,9%) sont classées dans les différentes catégories « menacées ». Alors que les spécialistes alertent sur un effondrement en cours de la biodiversité, certains évoquent même une « sixième extinction de masse ».

Pour Florian Kichner, de l’UICN, « tout le tissu du vivant est en train de s’effriter, on est réellement face à une crise d’extinction de la biodiversité ».

Dragons de Komodo, raies et requins menacés

Parmi les espèces emblématiques, les dragons de Komodo, plus grand lézard au monde, ont vu leur statut passer de « vulnérable », plus basse des catégories menacées, à « en danger ».

L'UICN avertit notamment qu'en raison du changement climatique, « la hausse des températures et donc du niveau de la mer devrait réduire leur habitat d'au moins 30% dans les 45 prochaines années ».

Et les individus vivant hors du parc naturel qui couvre une partie des îles en Indonésie où ils sont présents, voient en outre leur habitat menacé par l'activité humaine.

Une réévaluation globale de la situation des requins et raies, qui font partie de la même famille, a montré que 37% sont désormais dans les catégories menacées, contre 24% en 2014. Cela inclut notamment le requin taureau et la raie à points blancs qui fréquentent les côtes africaines.

Toutes les espèces ainsi classées font face à la surpêche, 31% à la dégradation ou la perte d'habitat et 10% à des conséquences du changement climatique, selon l'UICN.

Des espèces de thon en voie de récupération, mais toujours fragiles

La liste s’allonge, mais il y a des points positifs : quand on fait des efforts de protection, cela marche, note notre envoyée spéciale à Marseille, Agnès Rougier.

Sur les sept espèces de thon mises en danger de disparition par la surpêche, quatre sont en voie de rétablissement et sont entrées dans la catégorie « préoccupation mineure ».

C’est donc que les quotas de pêche qui ont été mis en place depuis dix ans, et la lutte contre la pêche illégale, ont bien fonctionné. Mais l'organisation prévient « qu'en dépit d'une amélioration globale, de nombreux stocks régionaux de thon restent appauvris ».

Au titre de la flore, l’évaluation de plusieurs milliers d’arbres a été ajoutée à cette nouvelle liste, et en particulier ceux affectés par l’exploitation forestière comme le bois de rose ou l’ébène.

Un nouveau « statut vert »

L’UICN a aussi décidé de créer sur une nouvelle liste, un « statut vert » des espèces, qui va mesurer leur régénération, évaluer l’impact des programmes de conservation et sera intégré à la liste rouge.

Le statut vert comprendra, comme la liste rouge, 9 catégories partant de « rétablissement complet » à « extinction à l’état sauvage », en passant par différents degrés de diminution.

L’UICN cite en exemple le condor californien, qui est classé en danger critique d’extinction sur la liste rouge depuis les années 90. Mais aujourd’hui, grâce à une protection forte et à des réintroductions, sa population augmente très lentement à l’état sauvage. C’est justement ce que le statut vert mettra en évidence, ce qui permettra aussi d’envisager le potentiel de rétablissement d’une espèce sur le long terme.

Pour l’instant, ce classement comprend 181 espèces, d’autres sont en cours d’évaluation et seront publiées à la fin de l’année.

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