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L'Islande connait une troisième éruption volcanique en deux mois

Photo de l'éruption volcanique sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l'Islande, le 8 février 2024, diffusée par le Département islandais de la protection civile et de la gestion des urgences (Icelandic Department of Civil Protection and Emergency Management)
Photo de l'éruption volcanique sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l'Islande, le 8 février 2024, diffusée par le Département islandais de la protection civile et de la gestion des urgences (Icelandic Department of Civil Protection and Emergency Management)

Une nouvelle éruption volcanique a débuté jeudi matin sur la péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l'Islande, la troisième depuis le 18 décembre, provoquant des jets de lave vers le ciel visibles depuis la capitale Reykjavik.

A travers le ciel islandais, les coulées de lave rouge orangées accompagnées d'un nuage de fumée s'élèvent d'une fissure, selon des images télévisées.

Cette éruption se déroule à environ cinq kilomètres au nord de Grindavik, a précisé à l'AFP une porte-parole de la protection civile islandaise, Hjördis Gudmundsdóttir. La ville portuaire de 4.000 habitants avait été évacuée par précaution le 11 novembre.

"A 05h30 (GMT) ce matin, un petit séisme a commencé à s'intensifier au nord-est de Sýlingarfell. Environ 30 minutes plus tard, une éruption a commencé dans la même zone", a indiqué l'Office météorologique islandais (IMO), qui s'attendait ces derniers jours à une éruption imminente.

"Selon les premiers rapports venant du vol de surveillance des gardes-côtes, l'éruption a eu lieu dans la même zone que celle du 18 décembre. La fissure mesure trois kilomètres de long environ", a ajouté l'IMO.

"Les jets de lave atteignent une hauteur d'environ 50-80 m et le panache s'élève à une hauteur d'environ 3 km", poursuit l'office. Le flot de lave semble cependant "légèrement moindre" qu'au début de l'éruption du 18 décembre.

Il s'agit de la sixième éruption volcanique en Islande en près de trois ans, la précédente ayant eu lieu au petit matin le 14 janvier déjà près de Grindavik.

- "Situation sous contrôle" -

Selon Kristín Jónsdóttir, séismologue de l'IMO interrogée par la radio publique islandaise (Ruv), la zone de l'éruption est assez favorable et ne menace pas les infrastructures.

Outre la ville de Grindavik, les autorités surveillent particulièrement la centrale géothermique de Svarstengi, qui fournit électricité et eau à environ 30.000 habitants de la région. L'éruption se déroule à quelque trois kilomètres de celle-ci.

"Il y a des digues  bien placées autour de la centrale", mais si l'éruption dure encore longtemps et fait couler beaucoup de lave, "cela pourrait poser un problème", précise pour l'AFP Mme Gudmundsdóttir.

Les clients de la station thermale géothermique Blue Lagoon, une destination touristique populaire, ont été évacués en toute sécurité, a indiqué sa direction à Ruv.

"La situation est sous contrôle, il n'y a pas de danger. L'aéroport est en sécurité. Les gens sont à 100% en sécurité", a rassuré la porte-parole de la protection civile islandaise.

Jusqu'à l'éruption de mars 2021, la péninsule de Reykjanes, au sud de la capitale Reykjavik, avait été épargnée par les éruptions pendant huit siècles.

Il y en a eu cinq autres depuis, en août 2022 et juillet 2023, le 18 décembre 2023, le 14 janvier et ce jeudi, signe, pour les volcanologues, d'une reprise de l'activité volcanique dans la région.

La petite ville de Grindavik a été endommagée en novembre par une série de séismes précurseurs d'une éruption qui ont ouvert de larges fissures dans le sol et sur certains bâtiments. Lors de l'éruption du 14 janvier, trois maisons ont été brûlées par la lave, chose inédite en 51 ans dans le pays.

Trente-trois systèmes volcaniques sont considérés comme actifs dans ce pays de feu et de glace, région la plus volcanique d'Europe.

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