Lire Beauvoir, Fallaci et Woolf sous les talibans : des Afghanes relèvent le défi

PHOTO/MANISZHA BAHRAH VIA FACEBOOK

Une étincelle au cœur des ténèbres. Des Afghanes organisent des séances de lecture pour femmes à Hérat, lors desquelles elles discutent de Simone de Beauvoir, d’Oriana Fallaci et de Virginia Woolf, entre autres. Ces rencontres apportent un instant de répit aux femmes face aux sévères restrictions imposées par les talibans.

Alors que les pressions économiques, la fermeture des écoles de filles et l’interdiction des activités culturelles dans de nombreuses villes et villages du pays ont provoqué une forte baisse de la lecture et la faillite des libraires et des éditeurs, les femmes de Hérat, dans l’ouest du pays, tentent de garder allumées les flammes de la culture dans un recoin du sol afghan.

Ainsi, des étudiantes, des poétesses et des écrivaines se réunissent toutes les deux semaines pour étudier les ouvrages précieux de la littérature moderne, de l’histoire, de l’art et des études féminines.

“Les séances de lecture pour femmes avec la participation enthousiaste des femmes et des filles d’Hérat n’ont pas connu de pause” [depuis la prise de pouvoir par les talibans en août 2021], s’est félicitée Niloufar Nikseir, poétesse et professeure d’université à Hérat et l’une des organisatrices de cet événement culturel.

Lors de ces réunions, les filles lisent les livres sélectionnés et discutent des analyses, des opinions et des critiques sur le contenu de l’ouvrage. Les sujets abordés vont de l’histoire à l’art, en passant par les souvenirs des grands écrivains du monde. Nilofar Nikseir ajoute :

“Nous avons commencé par la fiction et les romans, ainsi, nous avons lu les œuvres d’écrivaines telles que Simone de Beauvoir, Oriana Fallaci, Virginia Woolf et d’autres. Nous avons lu des livres sur l’histoire et l’art. Récemment, nous avons étudié l’ouvrage intitulé Three Women of Herat [“Trois Femmes d’Hérat”, non traduit en français], écrit par Veronica Doubleday.”

Le cas particulier d’Hérat

Après la prise du pouvoir des talibans, les universités sont restées ouvertes, mais les écoles de filles ont été fermées non seulement à Hérat, mais aussi dans la plupart des villes. Cependant, des écoles privées fonctionnent toujours dans cette ville, bien qu’elles ne soient pas reconnues par la Direction de l’éducation du gouvernement des talibans. Les activités des associations culturelles ont également été suspendues dans presque toutes les provinces.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :