L'Iran au menu du premier appel entre Joe Biden et Benjamin Netanyahu

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Le président américain Joe Biden s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Au cours de cette conversation "amicale", les deux dirigeants ont notamment discuté du dossier iranien.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a évoqué la "menace iranienne" lors de son premier entretien téléphonique, mercredi 17 février, avec le nouveau président américain, Joe Biden, depuis son arrivée à la Maison Blanche le mois dernier.

"La discussion était chaleureuse, amicale et a duré environ une heure", a souligné Benjamin Netanyahu sur son compte Twitter, précisant avoir abordé les questions des "accords" de paix au Moyen-Orient, de la "menace iranienne" et de la gestion de la pandémie de Covid-19.

"Les deux leaders ont fait mention de leur relation personnelle de longue date et ont dit qu'ils allaient travailler ensemble pour continuer de renforcer l'alliance entre Israël et les États-Unis", ont indiqué les services de Benjamin Netanyahu à Jérusalem. "Bonne conversation", a résumé de son côté Joe Biden dans le bureau Ovale, à Washington. Les deux dirigeants ont souligné "l'importance de la poursuite d'une étroite consultation sur les questions de sécurité régionale, en particulier l'Iran", a indiqué la Maison Blanche, sans épiloguer sur l'épineuse question de l'accord nucléaire iranien.

Un appel tardif

Benjamin Netanyahu avait déjà qualifié le prédécesseur de Joe Biden à la Maison Blanche, Donald Trump, de "meilleur ami" qu'Israël avait jamais eu à la tête des États-Unis, le premier allié de l'État hébreu.

Près d'un mois après son arrivée à la Maison Blanche, le 20 janvier, Joe Biden ne s'était toujours pas entretenu avec Benjamin Netanyahu, ce qui avait suscité une vive polémique dans la presse israélienne à l'heure où la nouvelle administration américaine prend ses marques. Et Nikki Haley, ex-ambassadrice aux Nations unies sous Donald Trump, avait accusé le gouvernement Biden de "snober" un "ami comme Israël".

Joe Biden et Benjamin Netanyahu ont "discuté du progrès des accords de paix", a ajouté le bureau du dirigeant israélien, une formulation qui pourrait faire référence à la fois au processus de paix israélo-palestinien et aux accords de normalisation entre Israël et des pays arabes.

Les Émirats arabes unis avaient annoncé l'été dernier la normalisation de leurs relations avec Israël, suivis par Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Mais, avec l'arrivée de l'administration Biden à la Maison Blanche, des analystes se demandaient si les États-Unis allaient concrètement pousser d'autres pays de la région à embarquer dans le train de la normalisation.

Divergences sur l'accord de Vienne

Un candidat potentiel à la normalisation est l'Arabie saoudite, pays avec lequel l'administration Biden a déjà annoncé son intention de "recalibrer" ses relations, en changeant d'interlocuteur pour passer du prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) au roi Salmane.

L'un des dossiers cruciaux pour l'Arabie saoudite, comme pour Israël, demeure la question de l'influence régionale de l'Iran et de son programme nucléaire. L'État hébreu n'a jamais caché son opposition à l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien et avait soutenu la campagne de "pression maximale" contre Téhéran menée par l'administration Trump, qui avait retiré unilatéralement les États-Unis de cet accord pour rétablir des sanctions.

Le président Biden s'est engagé à revenir dans l'accord de Vienne, à la condition toutefois que l'Iran renoue d'abord avec ses engagements. Un retour qui serait une "mauvaise chose", a récemment déclaré le chef de l'armée israélienne, Aviv Kochavi.

Avec AFP