L'Iran accuse Israël d'être impliqué dans l'assassinat d’un haut scientifique iranien

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L'Iran a accusé Israël d'être impliqué dans l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, un haut scientifique nucléaire et militaire iranien, promettant une vengeance terrible contre les commanditaires de cette action.

Mohsen Fakhrizadeh a été tué dans une opération sophistiquée dans le nord de Téhéran. Un pick-up a d'abord explosé sur la route, devant sa voiture, avant qu'elle ne soit visée par des tirs nourris. Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, a directement accusé Israël d'être impliqué dans cet assassinat.

De son côté, le 28 novembre, le président iranien Hassan Rohani a accusé son ennemi juré Israël d'avoir agi comme « mercenaire » des Etats-Unis en assassinant vendredi près de Téhéran un scientifique de haut rang dans le programme nucléaire de Téhéran. « Une fois de plus, les mains impitoyables de l'arrogance mondiale, avec le régime sioniste usurpateur comme mercenaire, sont souillées du sang d'un fils de cette nation », a dénoncé Hassan Rohani dans un communiqué publié sur son site officiel.

Le nom de Mohsen Fakhrizadeh avait été cité en avril 2018 par le Premier ministre israélien dans une intervention télévisée. Benyamin Netanayhu l'accusait d'être l'un des hauts responsables du programme nucléaire de Téhéran. « Souvenez-vous bien de ce nom : Fakrizadeh », avait-il alors lancé. Le haut scientifique était aussi sur la liste des sanctions des Nations unies contre l'Iran.

Spéculation dans les médias israéliens

En Israël, toujours pas un mot officiellement sur cette affaire, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Mais les médias rapportent une courte analyse attribuée à des sources israéliennes : l’Iran aura désormais beaucoup de mal à poursuivre son programme nucléaire à buts militaires. La même technique est toujours utilisée : les sites internet des journaux et les autres médias citent des sources étrangères le plus souvent anonymes, notamment un article du New York Times selon lequel Israël qui est directement responsable de la mort du chercheur iranien.

Dans Haaretz, un commentateur le souligne cependant : personne n’est irremplaçable. Mohsen Fakhrizadeh avait été présenté par le Premier ministre israélien lui-même dès 2018 comme le chef du projet Amad, le programme destiné à procurer à l’Iran une arme nucléaire. Les propos de l’ancien Premier ministre israélien Ehoud Olmert, qui qualifie le professeur iranien de bombe à retardement qui doit être neutralisée, ont également été extrait d'archives.

Seul indice peut-être : sur les réseaux sociaux une petite vidéo du Premier ministre israélien est largement citée. Peu avant le début du shabbat, Benyamin Netanyahu donne sur son compte Facebook son emploi du temps de la semaine. « La liste est longue, et je ne peux pas tout vous dire », affirme-t-il le sourire en coin. Et il conclut : « Il y a eu beaucoup de succès. Et il y en aura d’autres ».

Inquiétude de Netanyahu

Ces derniers jours, le chef du gouvernement israélien ne cachait pas son inquiétude de voir la future administration Biden adopter une attitude plus ouverte à la négociation avec l’Iran que l’administration Trump, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. « Nous ne devons pas revenir à l’accord de 2015 », a t-il déclaré dimanche dernier dans un message non-voilé au futur président américain. Benyamin Netanyahu a toujours combattu l’accord nucléaire iranien.

Son inquiétude est partagée par les monarchies du Golfe. Quelques heures après sa déclaration, le chef du gouvernement israélien semble avoir fait une rare visite secrète en Arabie saoudite pour y rencontrer le prince héritier, Mohamed Ben Salman, en compagnie de Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat américain. Les trois dirigeants partagent la même opposition à l’accord de Vienne et l’Iran était certainement leur principal sujet de discussions.

Multiples opérations

L'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh ne peut que renforcer les durs du pouvoir iranien, prévient notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. En effet, les opérations contre le programme et les responsables nucléaires iraniens se multiplient. Il y a eu notamment l'explosion il y a environ cinq mois dans le centre nucléaire de Natanz. Là encore, les responsables iraniens ont accusé Israël mais aussi les États-Unis.

Cet assassinat peut aussi compliquer la politique du nouveau président américain Joe Biden, partisan du retour des États-Unis dans l'accord nucléaire abandonné par Donald Trump, qui a durci les sanctions contre l'Iran.

« Les groupes terroristes et les responsables et les auteurs de cette tentative lâche doivent savoir qu'une vengeance terrible les attend », a tweeté le chef d'état-major iranien, le général de division Mohammad Baghéri. Il a qualifié la mort de Mohsen Fakhrizadeh de « coup amer et lourd », assurant que les Iraniens « n'auront pas de repos tant que nous n'aurons pas pourchassé et puni » les personnes impliquées.