L'Irak demande aux USA de faire marche arrière sur Jérusalem

Le gouvernement irakien a demandé jeudi aux Etats-Unis de revenir sur leur décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël. /Photo prise le 6 décembre 2017/REUTERS/Ronen Zvulun

BAGDAD (Reuters) - L'Irak a demandé jeudi aux Etats-Unis de revenir sur leur décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël et convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad.

Bouleversant la ligne observée depuis des décennies par ses prédécesseurs, le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que les Etats-Unis devaient reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël, malgré les vives réactions de la communauté internationale.

L'Irak, pays à majorité chiite, est à la fois allié avec l'Iran chiite et avec les Etats-Unis.

Plusieurs dizaines d'Irakiens ont manifesté jeudi à Bagdad contre la décision américaine, brandissant des pancartes portant l'inscription "Jérusalem est Arabe". Ils ont annoncé qu'ils reviendraient en plus grand nombre vendredi après la prière.

Le ministère irakien des Affaires étrangères a indiqué qu'une note de protestation contre la décision de Donald Trump serait remise à l'ambassadeur des Etats-Unis lors de sa convocation.

"Nous mettons en garde contre les dangereuses répercussions de cette décision sur la stabilité de la région et du monde", déclare le gouvernement irakien dans un communiqué.

"L'administration américaine doit revenir sur sa décision de façon à stopper toute escalade dangereuse susceptible d'alimenter l'extrémisme et de créer les conditions favorables au terrorisme", ajoute-t-il.


"DÉCISION STUPIDE"

Le grand ayatollah Ali Sistani, personnalité influente de la communauté chiite irakienne, a condamné la décision américaine et appelé la "Ouma", la communauté des musulmans, à s'unir et à reprendre Jérusalem.

"Cette décision et condamnée et dénoncée; cela heurte les sentiments de centaines de millions d'Arabes et de musulmans", lit-on dans un communiqué publié par ses services.

"Mais cela ne changera pas la réalité, à savoir que Jérusalem est une terre occupée qui doit être restituée à la souveraineté de ses propriétaires palestiniens peu importe le temps qu'il faudra", a-t-il dit.

Les Emirats arabes unis ont également exprimé leur désaccord par la voix de leur ministère des Affaires étrangères.

"Le ministère a exprimé sa vive préoccupation concernant les répercussions de cette décision sur la stabilité de la région car elle attise l'émotion des peuples arabes et musulmans compte tenu du statut de Jérusalem dans l'esprit des Arabes et des musulmans", indique le communiqué.

Une milice irakienne influente, la Harakat Hezbollah al Noudjaba, soutenue par l'Iran, a déclaré que la décision de Trump pourrait être une "raison légitime" pour attaquer les forces américaines en Irak.

"La décision stupide de Trump de faire de Jérusalem une capitale pour les sionistes sera la grande étincelle pour ôter cette entité du corps de la nation islamique et une raison légitime de viser les forces américaines", a déclaré le chef du groupe, Akram al Kaabi.

Noudjaba, qui dispose d'environ 10.000 combattants, est l'une des milices les plus importants d'Irak. Elle combat sous l'étiquette des forces de mobilisation populaires (FMP), coalition de milices chiites soutenues par l'Iran qui ont participé à la lutte contre l'Etat islamique. Les FMP sous l'autorité officielle du Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi.


(Tulay Karadeniz et Daren Butler; Danielle Rouquié pour le service français)

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