L'intelligence artificielle a-t-elle un sexe et une couleur ?

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80 % des professionnels du secteur sont des hommes… et des hommes blancs ! Ce manque de diversité accroît le risque de biais en tout genre.

Cet article est issu du Hors-série de Sciences et Avenir n°199 daté octobre-novembre 2019.

Depuis le 18 juillet 2019, sur le moteur de recherche Google.fr, le mot "lesbienne" ne renvoie plus vers onze pages de vidéos pornographiques, mais prioritairement vers des sites d’information. Le géant américain a modifié son algorithme sous la pression d’activistes françaises ulcérées de voir leur orientation sexuelle réduite à une catégorie marchande de fantasmes masculins. "C’est un enjeu de santé publique pour les homosexuelles, explique Fanchon Mayaudon-Nehlig, créatrice du collectif #SEOlesbienne qui veut améliorer le référencement sérieux du mot, confisqué par l’industrie du porno ou censuré sur Facebook. C’est aussi une victoire citoyenne : elle confirme que les algorithmes ne sont ni neutres, ni intelligents, qu’ils véhiculent des stéréotypes qui peuvent être corrigés ! "

La plupart des assistants vocaux ont des voix féminines

Icône de la modernité, promesse de mille services futurs, l’IA se révèle archaïque sur la question de l’égalité hommes-femmes ou lorsqu’il s’agit de prendre en compte la diversité de l’humanité. "Rien d’étonnant, analyse Laurence Devillers, professeure en informatique et intelligence artificielle à Sorbonne Université, les algorithmes sont codés par des humains : l’intelligence artificielle et ses applications reflètent les systèmes de représentation de ceux qui les conçoivent." Or ce secteur et celui des Gafam (acronyme de Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) est dominé à 80 % par des hommes, blancs, jeunes, qui reproduisent, quelle que soit leur bonne volonté, les préjugés - sexistes, racistes, classistes - de la société dans laquelle ils vivent. "C’est ainsi que la plupart des assistants vocaux ont des voix de jeunes femmes", souligne Laurence Devillers. Dire qu’une Ada Lovelace a été pionnière de la programmation au 19e siècle ! "En 2018, la France ne comptait que 10 % d’étudiantes sur les bancs de l’université informatique, 12 % des[...]

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