"L'inquiétante ascension de Monsieur Zemmour", la chronique d'Anne Roumanoff

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Avant, Monsieur Zemmour était un éditorialiste politique avec des idées un peu réacs, un habitué des plateaux télé qui pratiquait un racisme light et une misogynie soft et puis la créature présidentiable est née accompagnée de la Zemmour story telling : l'idée de se présenter ne viendrait pas de lui mais de ses soutiens. La couverture de son livre ressemble à une affiche électorale, les sondages montent, les ventes de ses livres explosent, ses soutiens numériques s'activent, ses signatures de livres se transforment en meetings politiques mais il hésite encore, il le jure.

Les journalistes se battent pour recevoir la créature : "Tu comprends, il est clivant d'accord mais il faut reconnaître qu'il fait de l'audience. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit mais, parfois, il n'a pas tout à fait tort." On n'a jamais autant interviewé Monsieur Zemmour que depuis qu'il est victime de censure. Les journalistes, à la fois fascinés et tétanisés, s'y cassent les dents les uns après les autres. S'ils sont trop agressifs, on les accuse d'être des soldats de la bien-pensance ; s'ils laissent l'habile énergumène énoncer ses idées tranquillement, on les taxe de complaisance… Alors le candidat antisystème, qui connaît si bien les codes médiatiques et ses petites et grandes connivences, déroule ses arguments avec une excitation tranquille : "Une majorité des Français pensent comme moi, vous savez, mon livre est un succès de librairie, Amazon n'a jamais vu ça."

Éric Zemmour c'est un ra...


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