L'Inde veut raser la forêt tropicale de l'île du Grand Nicobar pour y installer une base militaire

Getty Images - photography by Ulrich Hollmann

Le gouvernement indien vient d’approuver l’un des plus grands abattages d’arbres de son histoire : 130 km² de forêt tropicale primaire devraient disparaître dans l’archipel des Andamans, à l’est des côtes indiennes. Un port et un aéroport militaires devraient voir le jour dans cette zone stratégique de l’océan Indien.

De notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

L’ile du Grand Nicobar est située dans l’archipel des Andamans, tout à l’est de l’Inde, proche de l’ile indonésienne de Sumatra. Cela en fait un poste avancé de choix pour la marine indienne, inquiète des incursions chinoises dans la région.

L’armée vient donc d’obtenir l’autorisation du ministère de l’Environnement pour y construire un port et aéroport, et une zone de résidence. Mais cela se fait au prix d’une déforestation massive d’une des forêts primaires les plus riches du monde : 850 000 arbres devraient être coupés, sur une surface de 130 km², c'est-à-dire une surface plus étendue que la ville de Paris. Cette incursion humaine pourrait fragiliser les coraux ainsi que de nombreuses espèces animales, comme les tortues.

« Quatre des sept espèces de tortues répertoriées dans le monde viennent pondre sur les plages où ce projet va être développé. Telle que la tortue luth, la plus grande tortue marine du monde, qui nage jusqu’à Madagascar et l’Australie. Ce projet peut donc avoir de très larges répercussions s’il affecte les sites de ponte de ces tortues », déplore Pankaj Sekhsaria chercheur, spécialiste des Iles Andamans.

Le gouvernement va maintenant lancer les études de conformité du projet. Il reste encore plusieurs mois avant que les premières pelleteuses opèrent sur cette île partiellement sauvage.


Lire la suite sur RFI