L'impossible quête du sang artificiel

C'était le "graal" pour mettre fin aux problèmes de dons : le sang artificiel s'est révélé être un objectif inatteignable. Aussi les chercheurs se sont lancé un nouveau défi : fabriquer à la demande globules rouges et plaquettes.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°907, daté septembre 2022.

Depuis le début de l'année, l'Établissement français du sang (EFS) a déjà lancé deux appels d'urgence sur l'état de ses stocks, entamés par la pandémie de Covid-19. À l'échelle nationale, les activités sanitaires consomment en effet 50.000 poches de sang par semaine. Compte tenu de leur faible durée de conservation (dix jours pour les globules rouges), l'EFS a chiffré que pour répondre aux besoins nationaux, il faudrait que 10.000 Français fassent quotidiennement don de leur sang. Un nombre de plus en plus difficile à garantir du fait de nos nouveaux modes de vie en distanciel. Faudra-t-il pallier cette raréfaction par un substitut artificiel ?

Plusieurs équipes dans le monde travaillent à la fabrication in vitro de globules rouges ou de plaquettes. Elles ont perfectionné ces quinze dernières années des méthodes de synthèse à partir de cellules dites hématopoiétiques primaires (CD34+) ou de cellules souches pluripotentes induites (IPS). L'équipe de l'hématologue français Luc Douay, ancien chef de service du laboratoire d'hématologie de l'hôpital Saint-Antoine à Paris, a ainsi réalisé en 2011 la première transfusion à un volontaire sain de 2 millilitres de globules rouges de culture développés à partir de ses propres cellules.

Au Royaume-Uni, une équipe de l'Université de Cambridge est en passe de franchir une nouvelle étape : 15 personnes ont donné leur sang pour permettre une culture de globules rouges et une transfusion hétérologue, c'est-à-dire qu'elles recevront des globules rouges de synthèse compatibles avec leur groupe sanguin mais non issus de leurs propres cellules. Les premiers résultats sont attendus en octobre.

 Crédit : BRUNO BOURGEOIS
Crédit : BRUNO BOURGEOIS

Crédit : Bruno Bourgeois

Du sang d'agneau au lait, des siècles de tentatives avortées

Au Japon, l'entreprise Megakaryon et des chercheurs de l'Université de Kyoto testent l'innocuité et l'efficacité de plaquettes de culture chez dix personnes atteint[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi