Limiter les illuminations de Noël, une des 10 mesures du plan de sobriété énergétique de ma commune

Armelle Revel-Fourcade, maire de Le Soler (66)
Mairie Le Soler Armelle Revel-Fourcade, maire de Le Soler (66)

SOBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE - En tant que maire de Le Soler, une commune de plus de 8 500 habitants dans les Pyrénées-Orientales proche de Perpignan et citoyenne avant tout, j’ai décidé de prendre mes responsabilités et de participer à cet effort collectif de sobriété énergétique. Il ne s’agit pas de donner l’exemple ni de faire de la démagogie, mais bel et bien d’économiser et d’exploiter au mieux l’argent public pour maintenir un service de qualité pour nos administrés.

Illuminations de Noël et 10 autres mesures votées en conseil

Afin de parvenir à une réduction conséquente de la consommation d’énergie, un plan d’actions soumis au vote en Conseil Municipal et adopté à l’unanimité a été établi. Il s’agit là d’un geste fort qui traduit l’engagement de toute une population.

10 mesures concrètes vont être mises en place sur la commune :

  • Un candélabre sur deux sera éteint, ce qui permettra de réaliser 50 % d’économie d’énergie sur l’éclairage du domaine public. De même, cette année les illuminations de Noël ne seront allumées que sur un mois au lieu de deux ;

  • La température des bâtiments publics sera de 20° la journée et de 17° la nuit. Les salles de sport auront une température maximum de 17° (sauf les vestiaires) ;

  • Un référent sera désigné pour chacun des bâtiments communaux et sera en charge de contrôler la température maximum des locaux, et si besoin, de régler la température, d’éteindre toutes les lumières et les ordinateurs ;

  • Installation de détecteurs de mouvements pour l’éclairage de toutes les parties communes des bâtiments communaux ;

  • Adaptation éventuelle des horaires des services en hiver (fermeture plus tôt le soir) afin de diminuer le temps d’éclairage des bureaux ;

  • Remplacement de toutes les ampoules par des leds pour l’ensemble des bâtiments communaux ;

  • Démarrage dès septembre du Plan lumière (plan d’organisation et de mise en place de l’éclairage d’un site touristique, d’un territoire urbanisé ou d’une zone d’activité. NDLR) ;

  • Suppression d’un éclairage sur deux pour les bureaux ;

  • Utilisation de programmateurs horaires ;

  • Extinction totale des bâtiments publics la nuit .

Concernant les illuminations de noël, elles seront allumées un mois au lieu de deux habituellement.

Anticiper et s’adapter

Avec la crise énergétique que traverse le pays et les nombreuses alertes des acteurs du secteur et des pouvoirs publics, les collectivités locales mettent en œuvre de nombreuses pratiques en vue de réduire non seulement l’impact de la consommation d’énergie, mais également la facture énergétique.

Faire preuve de bon sens et d’anticipation pourront alors éviter de subir de plein fouet les conséquences de l’augmentation des tarifs et de la consommation d’énergie qui pourraient mettre en péril le fonctionnement de nos services et nuire aux usagers.

Un engrenage qui veut vite entraîner un dérèglement des fonctionnements de nos services communaux.

Nous avons l’ambition de faire de notre commune une « ville verte et durable » A ce jour, de nombreuses actions sont déjà mises en place :

  • Le lancement du Conseil Local pour le Climat ;

  • Le 0 phyto pour l’entretien des espaces verts ;

  • La mise en place de panneaux photovoltaïques ;

  • La réservation de zones agricoles pour faciliter l’implantation de nouveaux agriculteurs ;

  • Ou encore la mise en place de bornes de recharge pour véhicule électrique.

La crise revêt malgré tout un aspect vertueux, celui d’accélérer certains processus ou mise en œuvre de projets.

À l’échelle collective et citoyenne, si les gestes sont différents, la démarche et la finalité restent les mêmes : il faut faire preuve de bon sens et savoir reproduire d’anciens gestes pour veiller à la consommation, revenir aux valeurs d’économies d’énergie et de préservation de la ressource transmises par notre éducation. Nous avons été habitués à une certaine abondance de ces ressources. Ainsi, éteindre les lumières lorsque nous sortons d’une pièce, limiter l’éclairage en journée lorsque le temps le permet, fermer le robinet d’eau pendant le lavage des mains, récupérer l’eau de pluie ou de consommation courante pour la réutiliser à l’arrosage ou ménage, reprendre la marche ou le vélo pour de petits trajets urbains… Sont autant d’habitudes à reprendre pour contribuer à économiser sans nous priver.

Des économies, mais la sécurité et le service avant tout

L’idée est de tester ces actions sur une année. Nous pourrons ainsi faire un bilan et comparer avec les années précédentes pour voir dans quelle mesure elles ont vraiment permis de réduire notre consommation énergétique. Il y a bien entendu les grandes actions comme l’extinction d’un candélabre sur deux qui auront un effet immédiat mais je pense aussi aux petits gestes du quotidien qui, si nous les faisons tous, auront un réel impact positif sur notre consommation.

J’invite d’ailleurs nos concitoyens à en faire de même et à nous accompagner dans cette démarche.

Ces mesures doivent nous emmener vers un changement des mentalités et des comportements sur du long terme. En revanche, concernant les actions majeures comme celle que je citais précédemment pour les candélabres, il faut un peu de prudence car ce n’est pas qu’une question d’argent.

Nous devrons évaluer les problématiques qui peuvent en découler comme la hausse des accidents sur la voie publique ou l’insécurité.

Il faudra trouver un juste équilibre entre les objectifs d’économie d’énergie et de sécurité afin de déterminer les secteurs de la commune qui resteront prioritaires, notamment en matière d’éclairage public.

Un territoire idéal

La particularité de notre territoire propice à l’économie d’énergie et au développement durable, permet aux projets et infrastructures durables de se développer à « moindre » coût.

Au Soler par exemple, grâce à notre politique ambitieuse de rénovation des bâtiments publics, et la pose de panneaux photovoltaïques sur les toitures de certains de nos bâtiments, nous sommes neutres en termes de consommation énergétique.

Plus globalement, avec le climat que nous avons toute l’année sur notre département, je pense qu’il faut faire du Pays Catalan un territoire à énergie positive.

Nous devons :

  • D’une part, réduire la consommation d’énergie ce qui est loin d’être pas négligeable au regard de l’explosion des prix. Le plan lumière de notre commune financé par la communauté urbaine permettra à ce titre de réaliser 66 % d’économies sur l’éclairage public, et je pense bien sûr au plan de sobriété énergétique que nous avons mis en place sur la commune qui va dans la même direction ;

  • D’autre part, être capable de développer les énergies renouvelables et favoriser les mobilités douces pour les petits trajets. Le projet de voie verte reliant la vallée de la Têt, dont Le Soler est une des communes, au littoral via Perpignan, baptisé EsTêt, est en cours de finalisation.

La crise, un mal pour un bien ?

La crise énergétique est un véritable accélérateur de projets mais nous n’avons pas attendu cet état critique pour mettre en place des investissements favorables au développement durable.

Je ne veux pas créer d’anxiété ni de stress supplémentaire ni user de démagogie auprès de la population. Il est de mon devoir de maire que d’assurer la sécurité, la tranquillité et de la salubrité publiques sur le territoire de la commune.

Je souhaite que nos actions collectives soient imitées et reproduites à l’échelle citoyenne, au sein de chaque foyer.

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