L'illustratrice taïwanaise Lï-chhin, installée en France : « Tout ce qui me parle est une sorte de chez moi »

© Karen Lajon

Le ton est vite donné. Ne lui parlez pas de Nouvel An Chinois mais de Nouvel An Lunaire. La différence sémantique est de taille dans le contexte actuel de tensions entre Taïwan et la Chine. Pour Lï-chhin, 49 ans, la langue est le fondement d'une identité. Elle invoque tout de suite l'Ukraine et esquisse un petit sourire indulgent ayant l'air de dire, « non mais vraiment, comme si j'allais laisser passer ça. » Elle a d'ailleurs guetté avec intérêt le spectacle du réveillon 2023, de CCTV, la principale chaîne chinoise qui offre aux téléspectateurs un programme composé de chants et de danseurs, dans un décor grandiose, très rouge et où les enfants sont mis à contribution pour honorer la grandeur du pays. Créé en 1983, c'est une institution du Nouvel An et le divertissement le plus regardé. Un rendez-vous patriotique où très souvent la grandeur de la Chine liée aux problèmes d'actualités, est mise en avant.

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En 2013, ils étaient 750 millions de téléspectateurs rivés au petit écran et à écouter Céline Dion. Un an plus tard, la jeune Sophie Marceau chantera La Vie en rose. La chanteuse Peng Liyuan, femme du dirigeant chinois, Xi Jinping, a longtemps été l'une des grandes vedettes de ce show avant de devenir la première dame de Chine. Cette fois, les chanteurs Taïwanais sont apparus à minuit 12. En bas de l'écran, on pouvait lire accolé à leur nom : Chine/Taïwan. L'acteu...


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