Lille: «J'ai tout sacrifié pour pouvoir habiter cette maison», raconte un exproprié

JUSTICE - Trois familles se battent depuis trois ans pour éviter l’expropriation dans un projet immobilier mené par la SPL Euralille…

JUSTICE - Trois familles se battent depuis trois ans pour éviter l’expropriation dans un projet immobilier mené par la SPL Euralille…

C’est le dada de la ville de Lille : construire des logements dans ce qu’on appelle en urbanisme, les « dents creuses », pour densifier. Sauf que ces dents creuses sont parfois habitées.

C’est le cas pour le projet « Îlot pépinière » qui prévoit 250 logements au Faubourg de Roubaix, à deux pas de la Gare Lille Europe, dans un secteur où se trouvent, pour l’instant, des maisons avec jardin.

« Des sommes ridiculement basses »

L’opération immobilière, menée par la SPL Euralille, a été déclarée d’utilité publique en 2015. Depuis, les propriétaires de quatre maisons se battent devant les tribunaux pour éviter l’expropriation ou, tout au moins, pour se faire indemniser correctement.

« Les sommes que le juge des expropriations a estimées sont ridiculement basses par rapport au prix du marché. Nous avons fait appel », dénonce Me Gilles Maton, un des avocats des propriétaires. « Un promoteur immobilier m’a proposé quatre fois plus que la SPL pour ma maison et mon terrain, mais je n’ai pas le droit de vendre. On se moque de nous », relance Bertrand Zoré, un des propriétaires qui s’estime spolié.

Son voisin, Saïd Brahimi craint, à 80 ans, de voir disparaître quarante ans de travail dans son jardin potager de 400 m2. « On nous envoie plein de négociateurs qui, chaque fois, proposent un tarif différent, se plaint-il. Moi, j’ai tout sacrifié pour pouvoir habiter cette maison ».

Une belle plus-value immobilière ?

Dans cette affaire, les avocats Gilles Maton et Arnauld Noury soupçonnent la SPL Euralille de vouloir réaliser une belle plus-value immobilière sous couvert d’utilité publique. Car en plus d’une procédure judiciaire sur les indemnisations, les deux avocats ont ouvert un volet administratif pour remettre en cause l’utilité publique du projet.

« Si l’utilité publique n’est pas démontrée, les expropria (...) Lire la suite sur 20minutes
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