Ligue des nations : la France et l'Espagne ont rendez-vous pour une finale de gala

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Après avoir renversé la Belgique (2-3), la France a sur sa fin de route un autre adversaire de taille : l'Espagne de Luis Enrique qui a mis fin à une série de 37 matches sans défaite pour l'Italie lors de la demi-finale (1-2). Le vainqueur du duel remportera la Ligue des nations.

Qui succédera au Portugal au palmarès de la toute jeune Ligue des nations ? Son voisin ibérique, l'Espagne, et la France ont rendez-vous dans la soirée du dimanche 10 octobre en finale au stade San Siro de Milan pour se disputer le trophée. Opposition de style en perspective entre une France championne du monde qui veut se rassurer sur ses qualités et une Espagne prête à toutes les audaces grâce à ses jeunes joueurs.

"L'équipe de France est toujours là. On fait toujours partie des meilleures nations", a rappelé le sélectionneur français Didier Deschamps après un match fou contre la Belgique.

Trois mois après leur élimination en huitième de finale de l'Euro-2021 face à la modeste Suisse, ses hommes se sont à nouveau fait peur. Dépassés dans le dernier quart d'heure de la première mi-temps, la France a pris l'eau face aux coups de boutoir de Carrasco, de De Bruyne et de Lukaku. Résultat : un retour aux vestiaires tête basse.

Quinze minutes plus tard, les Bleus reviennent transformés sur la pelouse : le pressing est agressif, Griezmann et Mbappé vont harceler les défenseurs jusque dans les dix derniers mètres. La Belgique recule et finit par craquer : Benzema sonne la révolte avant d'offrir un penalty à Mbappé pour sa cinquantième sélection. Théo Hernandez, dont ce n'était que la deuxième cape chez les Tricolores, achève la remontée fantastique.

Que s'est-il passé dans l'intimité du vestiaire ? "On s'est dit les choses et on est revenus avec de vraies intentions", a raconté Kylian Mbappé au micro de la FFF. "Il faudra attendre pour voir ça. J'espère qu'on gagnera dimanche et vous verrez ce qu'on a ressenti. C'est une énergie que je ne peux pas expliquer. Je pense que s'il y a une vidéo, vous allez comprendre", a déclaré Paul Pogba, énigmatique.

En attendant la finale, Didier Deschamps tempère l'enthousiasme de son milieu de terrain : "Il y a un match avec une autre vérité dans trois jours, avec une autre équipe, un autre scénario."

Une Espagne détonante

Face à cette équipe de France capable du pire comme du meilleur, l'Espagne sera en pleine confiance. Elle vient de prendre sa revanche sur l'Italie après la cruelle élimination aux tirs au but à Wembley en demi-finale de l'Euro. La Roja a mis fin à une série de 37 matches sans défaite des champions d'Europe, le record pour une sélection nationale.

Le tout avec les moyens du bord. Privé de nombreux titulaires de l'Euro, le sélectionneur espagnol Luis Enrique est allé chercher la finale avec une bonne dose d'audace : il a osé lancer d'entrée le milieu du FC Barcelone Gavi, devenu le plus jeune joueur à porter le maillot de l'Espagne à 17 ans. L'ailier de Villarreal Yéremi Pino, 18 ans, a aussi eu droit à sa première sélection en seconde période.

Rapidement, les doutes se sont dissipés et Gavi, encadré par les expérimentés Sergio Busquets et Koke, a répondu par un jeu précis, sans prise de risques. Il a même osé se frotter au rugueux défenseur italien Giorgio Chiellini, 37 ans, qui avait célébré sa première sélection en novembre 2004... À peine trois mois après la naissance de Gavi !

"Gavi n'est pas seulement le futur de la sélection, on voit qu'il en est déjà le présent", se réjouit Luis Enrique.

Collectif rôdé contre individualités hors du commun

Depuis sa reprise en main de l'équipe d'Espagne en 2018, Luis Enrique a façonné un véritable collectif, qui ne dépend que peu des joueurs sur le terrain.

"De la même manière qu'on ne défend pas qu'à quatre, on n'arrive pas devant le but avec un seul joueur. C'est de manière collective qu'on agit. Tout le monde doit essayer d'apporter du danger. Indépendamment des joueurs qu'on a, on essaie toujours de faire la même chose : avoir plus le ballon que l'adversaire, le récupérer très rapidement quand on le perd, défendre le plus loin possible de notre but", explicite le sélectionneur espagnol, qui estime qu'"entre 40 et 50 joueurs" pourraient évoluer dans son équipe.

En résumé, en Espagne, pas une individualité ne dépasse malgré les talents évidents de certains et tout le monde est mis au service de la machine collective exerçant un jeu de possession épuisant l'adversaire en le privant de ballons.

La France est loin de pouvoir en dire autant, elle qui s'en est trop souvent remise aux fulgurances de ses talents qu'ils s'appellent Paul Pogba, Antoine Griezmann, Karim Benzema ou encore Kylian Mbappé. Une formule qui a montré ses failles à l'Euro et pendant la première mi-temps face à la Belgique.

"Après un bon début de match, on a commencé à trop reculer, ils ont su créer des espaces et nous mettre en difficulté. Ces deux buts [belges] viennent un peu contre le cours du jeu, mais ils se sont créés les occasions. Il a fallu réagir en équipe. La clé c'est que mentalement on a su rester dans le match et élever notre niveau en équipe", note le capitaine Hugo Lloris.

L'équipe de France connaît la clé, reste à ne pas l'égarer dimanche.

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