"Ligue du LOL": Les Inrocks condamnés pour le licenciement d'un journaliste

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Le mensuel a été condamné à verser à son ex-rédacteur en chef David Doucet 25.000 euros de dommages et intérêts pour l'avoir licencié "sans cause réelle et sérieuse".

Le conseil des Prud'hommes de Paris a condamné Les Inrocks pour avoir licencié "sans cause réelle et sérieuse" son ex-rédacteur en chef David Doucet, écarté en 2019 suite à l'affaire de la "Ligue du LOL", a indiqué samedi son avocate.

Le mensuel a été condamné vendredi à verser au journaliste 25.000 euros de dommages et intérêts et autour de 20.000 euros d'indemnités de licenciement, de préavis et de congés payés afférents, a précisé son conseil, Me Sylvie Topaloff, confirmant une information de Médiapart et de Marianne.

"Le jugement indique que le licenciement a été fait sans cause réelle et sérieuse. Je considère que la réparation financière est sans commune mesure avec le préjudice moral qui a été infligé à David Doucet", a déclaré l'avocate à l'AFP.

"Il a traversé deux ans de véritable cauchemar; il a perdu son travail, sa famille, ses amis, son honneur, sa réputation. C'était coûteux, violent sur le côté psychologique, il était devenu un pestiféré", a-t-elle ajouté, précisant que son client ressentait un "énorme soulagement" avec la décision des Prud'hommes.

L'auteur de deux canulars téléphoniques

David Doucet avait été licencié en février 2019 pour "faute grave", suite à l'affaire de la "Ligue du LOL", des journalistes et communicants dont certains harcelaient sur internet des internautes, principalement des jeunes femmes.

Le journaliste avait admis avoir été l'auteur de deux canulars téléphoniques et s'était dit "désolé" sur Twitter de la "dégueulasserie de ces actes". La direction des Inrocks avait justifié son licenciement par l'impact négatif sur "l'image du journal" et sur sa "crédibilité journalistique" au sein de leur rédaction.

"25 témoignages farfelus"

"Il y a eu un licenciement totalement injustifié basé sur 25 témoignages farfelus et indirects. Il n'y avait aucun élément sérieux et les Inrocks ont reconnu devant les Prud'hommes qu'il n'y a pas eu enquête interne. Ils ont cédé à la pression", a encore déclaré l'avocate, ajoutant qu'une cinquantaine de salariés et ex-salariés avaient témoigné en sa faveur.

Le magazine avait également reproché à David Doucet son management par la terreur, dont il s'est toujours défendu. Joint par l'AFP, l'intéressé n'a pas souhaité faire de commentaire et Les Inrocks n'étaient pas joignables samedi.

Article original publié sur BFMTV.com

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