Ligue des champions : l'OM veut faire autre chose que de la figuration cette année

© Nicolas Tucat, AFP

Auréolé du record de défaites consécutives en Ligue des champions lors de sa dernière apparition dans la compétition, l'OM veut faire mieux cette année. Avec un groupe à sa portée et un mercato musclé, Marseille a quelques raisons d'y croire.

Nouvelle année, nouveau départ. Après deux dernières expériences épouvantables en Ligue des champions, l'OM débute son nouveau parcours européen mercredi à Londres, face à Tottenham, avec l'objectif d'effacer ses calamiteuses dernières performances dans la compétition.

Jorge Sampaoli avait posé le débat dès le mois de mai, avant même la soirée de rêve qui a offert in extremis à l'OM sa qualification pour la C1 : "Est-ce qu'on veut la Ligue des champions pour de l'argent ou pour être compétitif ? Si on veut la jouer seulement pour passer inaperçu, ce n'est pas logique".

En quittant ses fonctions début juillet, le technicien argentin avait de fait répondu à sa question. L'effectif dont il disposait alors et les discussions menées avec son président Pablo Longoria autour du mercato ne lui semblaient pas une garantie suffisante pour poursuivre de vrais objectifs européens.

Il faut dire que l'OM a payé pour voir. Ses deux dernières participations à la C1 ont été des calvaires, avec six défaites en six matches en 2013/2014, puis cinq autres et une seule victoire il y a deux ans, dans les stades vides de l'époque Covid. Le succès alors enfin obtenu contre l'Olympiakos avait mis fin à une série de 13 défaites en C1, un infamant record d'Europe. D'une certaine manière, l'OM repart de zéro mercredi à Londres.

"L'objectif numéro 2, c'est d'y être à la hauteur"

Interrogé lundi sur le sujet, Longoria est tout de même resté très prudent et a rappelé que les Marseillais étaient déjà bien contents d'être là. "On doit se qualifier chaque saison en C1, c'est l'objectif numéro un de la saison. L'objectif numéro 2, c'est d'y être à la hauteur", a-t-il dit.

Deux mois après le départ de Sampaoli et à l'heure de lancer leur tournoi sur la pelouse de Tottenham, les Marseillais se font donc petits mais ont tout de même quelques raisons de penser qu'ils peuvent imiter Lille, qualifié la saison dernière pour les 8e de finale.

D'abord, l'équipe s'est renforcée, même s'il manquera mercredi Alexis Sanchez, la cerise sur le riche gâteau cuisiné par Longoria pendant le mercato (12 arrivées), et peut-être Dimitri Payet. Mais avec les défenseurs Eric Bailly et Chancel Mbemba, le dirigeant espagnol a apporté de l'expérience européenne au groupe d'Igor Tudor.

Une poule à sa portée malgré Tottenham

Surtout, les matches face à Tottenham ont des allures de bonus. Les Anglais, finalistes de l'épreuve en 2019 mais qui figuraient en Ligue Europa puis en Ligue Europa Conférence ces deux dernières saisons, sont en effet nettement favoris d'un groupe ouvert, qui accueille aussi l'Eintracht Francfort, bonne pioche du chapeau 1, et le Sporting Lisbonne.

Dans cette poule aux faux airs de Ligue Europa, "ouverte" comme l'a reconnu Longoria, l'OM peut croire en ses chances et viser la qualification ou, a minima, la 3e place, qui permet de poursuivre l'aventure à l'étage du dessous.

"L'équipe est prête et on commence avec beaucoup de joueurs en forme. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes l'équipe du 4e chapeau", a tout de même relativisé Tudor.

Mbemba, impeccable depuis son arrivée de Porto cet été, a de son côté envie d'y croire. "On est un grand club, qui doit être le plus haut possible. On doit passer les poules, ça n'est pas facile mais c'est important pour donner une bonne image de l'OM", a estimé le défenseur central à l'AFP.

À Londres, surtout en l'absence de Sanchez, l'OM ne devrait pourtant pas se ruer à l'attaque. Mais le système de Tudor a donné ses premiers fruits et les Marseillais, qui n'ont pas encaissé le moindre but lors de leurs trois derniers matches, arrivent avec pas mal de confiance et quelques certitudes bâties au fil des victoires obtenues en L1, cinq lors des six premières journées.

Anciens d'Arsenal, l'ennemi juré de Tottenham, Mattéo Guendouzi et Nuno Tavares, intenable depuis le début de saison, seront aussi là pour apporter un supplément d'âme. Face à Harry Kane, Son Heung-min et à la science tactique d'Antonio Conte, cela ne suffira pas, mais ça ne peut pas faire de mal.

Avec AFP