Ligue 1: comment l’OGC Nice aborde la prochaine saison malgré l’incertitude liée aux droits TV et le travail d'Ineos à Manchester United

La bonne nouvelle est tombée en milieu de semaine: aucune mesure n’a été prise à l’égard de l’OGC Nice par la DNCG, le fameux gendarme financier du foot français. Ce n’est pas une surprise au vu de la situation du Gym, mais dans l'attente de la conclusion du dossier des droits TV de la Ligue 1, de nombreux clubs sont bloqués dans leur mercato: "C'est sûr que l’incertitude crée un peu d'immobilisme", observe Fabrice Bocquet. Malgré ce contexte, le directeur général des Aiglons a abordé sereinement le rendez-vous devant l'instance de contrôle. "On a le soutien de notre actionnaire donc il n'y a pas de problématique de trésorerie chez nous. La DNCG regarde la pérennité de l'entreprise et la capacité à avoir l’argent, et nous, on n'a pas de sujet de ce côté-là." Soutenu par Ineos, le Gym va disputer cette saison la Ligue Europa, avec au moins huit rencontres, et attend la dernière tranche du versement de CVC, à hauteur de 46 millions d’euros.

"On ne connaît pas la taille du gâteau, ni comment il sera réparti"

Si les voyants sont aux vert, le Gym surveille malgré tout avec attention le dossier des droits TV. Ce vendredi lors de la présentation du projet de chaîne 100% Ligue 1 de la LFP, le président Jean-Pierre Rivère a mis en garde sur le prix d’abonnement jugé excessif par les supporters. Une option pas encore actée puisque beIN, DAZN ou encore Canal+ pourraient sortir du bois. "Cette incertitude impacte tous les clubs", commente Fabrice Bocquet. "À moins de dix jours du démarrage du prochain exercice au 1er juillet, on ne connaît pas la taille du gâteau, ni comment il sera réparti." Même si le manque à gagner est difficilement estimable, le Gym se prépare à toutes les éventualités, informe son DG: "Nous avons fait en sorte d'avoir un coussin de trésorerie dans lequel, même dans l'hypothèse d'une baisse des droits TV, on serait protégé. Il faut anticiper les différents scénarios et avoir la trésorerie suffisante pour y répondre. C'est le cas."

Un budget légèrement inférieur à la saison précédente

Avant même cette problématique des droits TV, l’OGC Nice a entamé la saison dernière une réduction de son train de vie. Celui-ci va se poursuivre, confirme Fabrice Bocquet. "On a entendu des phrases comme 'réduire la voilure'. Ce n'est pas comme ça que nous le percevons. Nous tendons vers un modèle plus vertueux où nous devons associer performance sportive et économique. C'est un équilibre plus sain, pas seulement demandé par notre actionnaire, mais aussi une nécessité pour être en conformité vis-à-vis du fair-play financier."

Conséquence: le budget sera moindre que celui de la saison précédente, aux alentours de 80 millions d’euros. "On va avoir un budget très légèrement inférieur. On doit tendre vers un équilibre économique plus sain et diminuer nos pertes. On aura la cinquième ou sixième masse salariale de Ligue 1. Ça reste un budget très ambitieux et en ligne par rapport aux objectifs du club qui sont de participer aux compétitions européennes et de bien y figurer," explique le directeur général de l’OGC Nice.

Nice et Manchester United pourront bien disputer la Ligue Europa

Jim Ratcliffe, le patron d'Ineos, propriétaire du Gym, s’est confié cette semaine au média britannique Bloomberg sur ses projets pour Manchester United, club dont il a récemment racheté 27,7 % des parts. Il a de nouveau affirmé ne pas vouloir se séparer de l’OGC Nice mais avoir placé le club en fiducie pendant un an pour que ces deux clubs puissent disputer la même compétition cette saison.

"C'est un mouvement juridique et financier demandé par l'UEFA, pas une volonté stratégique de notre part", précise Fabrice Bocquet. Cela signifie mettre les actions dans un véhicule financier différent, mais que pendant un an. "Le temps que les deux clubs soient dans la même compétition européenne." Un signal fort du propriétaire, estime le dirigeant niçois: "La volonté d'Ineos, et c’est un signal important, est de faire en sorte que chaque club participe à la compétition européenne à laquelle il s'est qualifié. Cela démontre une volonté de respecter la performance de chaque club, sans privilégier l'un plutôt que l'autre."

L’OGC Nice, "une passerelle" vers Manchester United?

Une déclaration de Jim Ratcliffe a interpellé les supporters des Aiglons: "Vous pouvez faire progresser de plus jeunes joueurs à Nice qu'à Manchester United. Et parce qu'avec le Brexit, c'est assez difficile de recruter (en Angleterre) les plus grands talents du continent, ce que nous pouvons faire avec Nice. S'il y a un joueur extraordinaire de 15 ans en France, nous pouvons le faire venir à Nice. Ça lui servira de passerelle pour rejoindre plus tard Manchester United."

Une déclaration que Fabrice Bocquet tempère: "L'OGC Nice a un effectif qui depuis plus d'une décennie fait régulièrement partie des plus jeunes de Ligue 1, voire d'Europe. C'est dans l'ADN du club d'identifier, de recruter et de développer des jeunes joueurs à fort potentiel. Mais il est aussi essentiel de les encadrer par des joueurs expérimentés, des cadres. Pour être un club européen, il faut un équilibre." À l’image de la prolongation de Dante (40 ans), le Gym a également levé l’option d’achat en fin de saison de Morgan Sanson (29 ans). Des joueurs sur lesquels pourront s’appuyer Florian Maurice et Franck Haise, respectivement nouveaux directeur sportif et entraîneur, pour remodeler l’effectif azuréen cet été.

Article original publié sur RMC Sport