Ligue 1: Le Classique à Paris, en toute logique

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Sans surprise, sans trembler, sans forcer, sans même avoir besoin de titulariser Neymar, le Paris SG a très facilement remporté dimanche 7 février le 100e «Classique" de l'histoire du football français en battant 2-0 l'Olympique de Marseille, désormais en morceaux après deux mois de crise.

« C'est notre Ligue des Champions en championnat », avait dit vendredi l'entraîneur marseillais par intérim Nasser Larguet et c'était bien vu. Car comme en Ligue des Champions en début de saison, les Marseillais ont perdu et constaté l'écart qui les sépare du très haut niveau.

Leur état d'esprit n'est pas en cause et après les 10 jours de tempête qu'ils viennent d'affronter, entre les graves incidents de la Commanderie, la démission-mise à pied d'André Villas-Boas et la tuile de la blessure de Milik, ils ont un certain mérite à avoir essayé de rivaliser avec le PSG.

Mais Paris était bien plus fort et avait envie de gagner, parce que c'était un Classique, et aussi parce que Lyon et Lille l'ont fait ce week-end et qu'il y a un championnat à remporter, plus difficile cette saison.

Pendant une heure, Neymar a donc vu tout cela du banc de touche, encore barbouillé peut-être après la gastro-entérite qui l'a empêché de s'entraîner samedi. Mais à moins de 10 jours du choc face à Barcelone en Ligue des Champions, Mauricio Pochettino a sans doute aussi voulu éviter tout risque de blessure pour le Brésilien.

Icardi du dos

La mésaventure est arrivée à Di Maria, sorti dès la 10e minute en se touchant la cuisse droite et ça n'est pas une bonne nouvelle pour les Parisiens.

L'Argentin avait tout de même déjà eu le temps de participer au premier but du match. Tout est parti d'un corner marseillais. Sur la contre-attaque, Rongier était battu de la tête par... Verratti et ensuite tout a été très vite.

En deux passes, dont la dernière de Di Maria, Mbappé était lancé comme une balle dans un espace trop beau pour le gâcher. Sakai a taclé dans le vide et l'attaquant des Bleus a tranquillement battu Mandanda (1-0, 9e).

Marseille alors n'a pas baissé la tête. Avec une volée trop haute de Kamara, une bonne frappe de Rongier et une autre superbe de Gueye, les Provençaux ont même joliment occupé le terrain.

Mais dès la 25e minute, Icardi a calmé ces velléités de rébellion avec un but du dos, son quatrième en trois matches contre l'OM. Le but de l'Argentin est heureux mais il a aussi exposé toutes les limites marseillaises avec, sur l'action, Payet passif, Nagatomo dépassé et Alvaro battu par meilleur que lui.

Payet expulsé

Le PSG a donc rapidement tué tout suspense et comme, forcément, il n'y avait pas non plus d'ambiance, ni dans le stade ni en dehors, où les supporters marseillais se sont contentés de quelques banderoles hostiles à la direction en début de journée, ce « Classique » ne restera pas dans les mémoires.

Pour l'OM, il sera facile de dire qu'il n'y avait de toutes façons rien à perdre. Ça n'est pas tout à fait faux mais Marseille (9e) avait déjà beaucoup perdu avant et avec désormais une seule victoire lors des 11 derniers matches disputés toutes compétitions confondues, il commence à y avoir urgence.

Le carton rouge reçu à la dernière minute par Payet pour une faute maladroite sur Verratti n'arrange rien et Larguet, ou son successeur, quand il arrivera, ont du travail.

Paris, de son côté, a rempli son contrat. Marquinhos et Verratti, de nouveau positionné haut dimanche, ont fait leur retour, Neymar s'est dégourdi les jambes et tout le monde regarde désormais vers le Camp Nou.

En d'autres temps, ce match au Vélodrome aurait même pu être un avant-goût de Ligue des Champions. Mais dimanche à Marseille, il n'y avait personne pour jouer les rôles de Messi, Griezmann et les autres.